Dounantié Daou, Président de la Coalition Nationale-Campagne Internationale pour l’Eau Potable et l’Assainissement (CN-CIEPA/WASH) a co-animé une conférence de presse afin de faire le point sur l’accès et l’état des lieux avec les droits humains à l’eau et l’assainissement au Mali. C’était mardi 29 décembre 2020, à la Maison du Partenariat.
La Coalition Nationale-Campagne Internationale pour l’Eau Potable et l’Assainissement (CN-CIEPA/WASH), est une organisation de la société civile du secteur de l’eau et de l’assainissement, qui se bat pour la promotion dudit secteur. Elle a été créée en 2009, avec l’accompagnement de Water Aid, et a développé un leadership stratégique sur les questions d’influence des politiques dans le secteur Accès à l’Eau Potable et à l’Assainissement (AEPA).
Au cours de cette conférence de presse, le Président de la CN-CIEPA/WASH Dounantié Daou était accompagné par Diowro Bocoum, Directeur National adjoint de la DNH ; Aïssata Cissé, Directrice nationale adjointe à la Direction Nationale du Contrôle des Pollutions et des Nuisances (DNACPN).
Alors que les engagements de la SWA (Sanitation and Water for All/Assainissement et Eau pour Tous) et African San sont des mécanismes pour favoriser cet accès universel, sécurisé et durable de tous aux services d’assainissement. Les conférenciers ont déploré que le Mali a un taux d’accès à l’eau potable de 65,9% en milieu rural, 76% en milieu semi-urbain et 68,8% au niveau national, selon le rapport d’activités 2018 de la DNH. Aussi, le nombre de villages sans point d’eau moderne (PEM) est de 1242, le parc hydraulique non fonctionnel est estimé à 32%, soit 8746 points d’eau.
S’agissant de l’assainissement, selon le rapport JMP 2017 au niveau national seulement, 35% de la population malienne dispose d’un système d’assainissement, et la défection à l’air libre est pratiquée par 7%.
C’est dans ce contexte que le gouvernement s’est inscrit depuis 2016, dans une dynamique de réforme institutionnelle et pragmatique, qui s’est traduite par l’adoption en 2019 du Cadre de Relance Economique et le Développement Durable (CREDD), la relecture du code de l’eau et la validation technique de la politique nationale de l’eau (2019) et celle de l’assainissement (2020).
Ils ont rappelé que l’accès à l’eau potable et l’assainissement constitue un facteur décisif pour le développement humain. C’est pourquoi en 2010, à travers la résolution n° 64/292 du 28 juillet 2010, l’ONU a reconnu : « le droit à l’eau potable saine et propre et à l’assainissement comme un droit humain ».
C’est dans ce cadre qu’ils ont soutenu que ce droit s’est traduit par l’adoption des ODD à : ‘’garantir l’accès universel à l’eau et l’assainissement d’ici 2030’’.
A travers cette conférence de presse les conférenciers ont partagé avec les hommes de médias, toutes les évolutions en cours par rapport au secteur de l’eau et de l’assainissement, et le positionnement du gouvernement pour que le Mali puisse atteindre l’ODD6, qui vise à garantir l’accès universel et sécurisé tous et toutes au service de l’eau et de l’assainissement. Cela passe par des réformes réglementaires, entreprises au niveau du département de la Direction Nationale l’hydraulique et celle de l’Assainissement. Avant d’interpeller les différents acteurs à redoubler d’efforts pour l’atteinte des ODD à l’horizon 2030.
Selon Dounantié Daou : « on doit relever le cap à atteindre, car les OMD c’est dans 10 ans, nous sommes à un taux de couverture de 35% en assainissement et 61% en accès à l’eau potable, ce qui démontre que le tiers de la population malienne doit être servie en eau potable et les deux tiers doivent être servies à un assainissement adéquat. Nous ne sommes pas certains pour l’atteinte des objectifs des ODD 6 à l’horizon 2030. Car, le manque d’indépendance économique du Mali en sera pour quelque chose. Si nous continuons à aller de gauche à droite pour les financements, il sera difficile d’atteindre les objectifs. Le secteur bien que cité prioritaire par les hautes autorités du pays et malgré les efforts qu’elles y consentent, la société civile estime que l’Etat peut et doit mieux faire. On doit réviser le budget alloué au secteur eau et assainissement qui est insuffisant et mal géré. «Jusqu’ici, nous restons sur notre faim par rapport au budget alloué au Secteur qui est beaucoup trop peu par rapport aux immenses défis auxquels nous faisons face. Des efforts énormes doivent être faits, pour secouer le tocsin, afin que le gouvernement puisse retrousser les manches et aller à une vitesse supersonique, pour que dans 10 ans, nous ne ratons pas les coches, comme nous avons ratés les coches des ODD ».
A en croire Diowro Bocoum de la DNH, les droits humains à l’eau et l’assainissement, ont des exigences, c’est pourquoi à partir de 2015, il y a eu un agenda universel mondial, l’Objectif de Développement humain Durable (ODD) qui vise à garantir l’accès universel et sécurisé de tous et toutes, au service d’eau et d’assainissement. Ainsi, à la lecture des politiques et des programmes, il y a des faibles prises encontre de la dimension en priorisant l’équité et l’inclusion dans des assainissements de crise en milieu urbain, périurbain et rural.
Quant aux politiques en cours, les acteurs préconisent influencer les programmes en cours d’élaboration pour que ressortent clairement les prises en comptes de l’équité et de l’inclusion, ensuite que des programmes des pauvres soient insérer dans ceux en cours d’élaboration, de la politique nationale de l’eau et de l’assainissement.
Aïssata Cissé de la DNACPN, s’est dit optimiste sur la volonté politique du gouvernement du Mali, en concluant : «certes, nous avons des difficultés notamment pour la transformation des déchets et le retard est colossal mais en dix ans, soit d’ici 2030, si l’on redouble les efforts, l’exploit est encore possible ».
Aïssétou Cissé

EchosMedias

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