Les accusés Mohamed Diarra et Amadou Diarra ont comparu, le mardi 24 novembre, à la barre de la Cour d’Assises de Bamako pour répondre des accusations d’association de malfaiteurs et de vol qualifié. Malgré leur négation des faits, ils ont pris chacun 5 ans de prison ferme.

Mohamed Diarra, né le 25 juillet 1996, est élève forestier domicilié à Yirimadio à Bamako. Son co-accusé, Amadou Diarra, est né vers 1999 à Bamako. Il est menuisier, domicilié aussi à Yirimadio à Bamako. Les faits dont ils sont accusés, notamment  association de malfaiteurs et de vol qualifié, sont prévus et punis par les articles 175, 252 et 253 du code pénal.

De l’information, il est établi que courant les mois d’octobre 2018 à février 2019, un groupe de malfrats semait la terreur et la désolation parmi les habitants et opérateurs économiques de la rive droite du district de Bamako, notamment ceux de la commune VI.

En effet, lesdits malfrats opéraient entre 22h et 4h du matin sur une mobylette Djakarta, munis d’armes à feu automatiques. Ils ciblaient principalement les stations de service, les hôtels ou restaurants et les bars ou autres commerces qui continuaient leurs activités commerciales durant toute la nuit.

Pour réaliser leur dessein, ils s’habillaient souvent en tenue militaire, munis chacun de fusil mitrailleur (FM) et ils débarquaient toujours à deux, à visage découvert, sur leur lieu d’opération pour braquer agents et clients présents, avant de les dépouiller de leur argent et téléphones portables ou autres articles, voire vider les recettes contenues dans leur caisse. Ainsi, ils n’hésitaient pas à obliger leurs victimes, sous la menace de leurs armes, à se mettre à plat ventre, à même le sol ou à les enfermer ensemble dans un bureau ou un domicile des quartiers de la commune VI du district de Bamako pour mieux couvrir leur retraite. Dans la nuit du 22 au 23 février 2019, tard la nuit, ils furent appréhendés en pleine opération, munis de leurs armes. Par ce mode opératoire, ils ont réussi à cambrioler ou braquer plusieurs commerces, mais par l’intervention des clients et voisins du bar Tizimizi sis à Niamana, ils furent appréhendés et remis au commissariat de police du 13ème arrondissement de Bamako qui a ouvert immédiatement une enquête, laquelle a permis de les identifier respectivement. A l’issue de l’enquête susdite, les susnommés furent poursuivis puis inculpés par le magistrat instructeur.

A l’enquête préliminaire, les inculpés ont non seulement reconnu les faits qui leur sont reproché, mais ils ont aussi énuméré tous les cas de la série de braquages qu’ils ont effectués entre octobre 2018 au jour de leur arrestation, le 23 février 2019.

Paradoxalement, lors de leur interrogatoire devant le magistrat instructeur, ils adoptent le système de défense basé sur la dénégation systématique des faits. Au soutien de cette dénégation, ils exposent qu’ils se seraient rendus au bar Tizimizi pour appréhender le suspect qui aurait soustrait tantôt le sac de charbon, tantôt l’ordinateur portable, disent-ils, d’un certain Maïga, élève forestier. L’inculpé Mohamed Diarra, élève forestier de son état, avoue avoir enlevé les deux fusils de leur centre de formation pour, affirme-t-il, se protéger contre le soi-disant suspect qui, selon les renseignements, fréquenterait ledit bar. En cours de l’information judiciaire, les deux inculpés ci-dessus nommés ont catégoriquement nié leur participation aux autres séries de braquages qu’ils ont eux-mêmes exhaustivement cités dans leurs déclarations en enquête préliminaire, sous prétexte qu’ils y étaient contraints.

Cependant, dans sa déposition de témoin en date du 13 mars 2019, le major Bafing Traoré, instructeur au Centre de formation pratique forestier de Tabacoro, a rigoureusement démenti la version des inculpés relative au vol de sacs de charbon ou d’ordinateur au niveau du centre au  préjudice d’un quelconque Maïga qui ne figure pas non plus parmi leurs effectifs.

L’inculpé Mohamed Diarra a fini par reconnaître leurs mensonges à ce sujet dans le procès-verbal de confrontation en date du 24 septembre 2019.

Il s’agit notamment des braquages successivement commis du 04 au 05 décembre 2018 à la station Dia Négoce sise à Yirimadio emportant la somme de 200 000 Fcfa et un téléphone portable de marque Iveco ; du 07 au 08 décembre 2018 à la station Biliko sise à Niamana avec la somme de 2 900 000 Fcfa et un téléphone portable subtilisés ; du 27 au 28 décembre 2018 à la station Baraka sise à Faladiè village-can où ils ont pris la somme de 791 000 Fcfa, un téléphone portable et deux petits bidons d’huiles ; du 05 au 06 janvier 2019 à la station Somayaf sise à Yirimadio, près du stade du 26 mars, où la somme de 1 060 000 Fcfa, un téléphone portable et deux bidons ont été emportés ; du 15 au 16 août 2019 à la station Dia Negoce sise à Missabougou avec un butin de 62 950 Fcfa; dans la nuit du 18 janvier 2019 à l’alimentation Charles sise à Magnambougou : la somme de 125 000 Fcfa et plusieurs cannettes de boissons alcoolisées emportées ; du 25 au 26 janvier 2019 à l’hôtel Point final sis à Niamana : avec un butin  de 178 000 en espèces et des canettes de boissons alcoolisées ; du 25 au 26 janvier 2019 à l’hôtel Atlantic sis à Yirimadio, avec la somme de 147 000 Fcfa et deux téléphones portables subtilisés.

A cette liste déjà longue, il faut ajouter d’autres braquages : du 28 au 29 janvier 2019 au bar chez Jérémy sis à Yirimadio, avec deux téléphones portables emportés ; du 07 au 08 février 2019 au domicile d’Ibrahim Samasékou sis à Banankabougou avec un butin de 1 040 000 Fcfa en espèces et une somme de 105 000 Fcfa appartenant à un des locataires ; du 13 au 14 février 2019 à la station Dia Négoce sise à Banankabougou où la somme de 420 000 Fcfa et un téléphone portable ont été volés ; dans la nuit du 14 février 2019 à l’hôtel Fiesta sis à Missabougou, avec la somme de 201 200 Fcfa et un téléphone portable emmenés avec eux ; du 27 au 28 février 2019 à la station Petro Nienta sise à Missabougou, avec la somme de 153 950 Fcfa emportée.

Des téléphones portables et cannettes de boissons alcoolisées issus de différents braquages, trouvés en possession des inculpés susnommés au cours de la perquisition à leur domicile, ont été également identifiés par les victimes propriétaires desdits biens.

Mohamed Diarra et Amadou Diarra ont été reconnus coupables des faits à eux reprochés. Après la délibération de la Cour, ils ont été condamnés à 5 ans d’emprisonnement.

Concernant les victimes, leurs intérêts ont été renvoyés à la prochaine session, faute de pièces justificatives. Maître Ladji Traoré, à la sortie de cette affaire, déclare qu’il y a beaucoup d’incohérences et de contradictions dans le dossier. “Nous avons voulu attirer l’attention de la Cour et je crois qu’on a en partie réussi dans la mesure où le maximum de la peine prévue dans des pareils cas on va chercher dans la perpétuité, dans les 25 ans. La Cour a retenu le minimum qui fait 05 ans, donc la Cour a été archi-clémente dans cette affaire-là. Nous ne pouvons pas dire qu’ils ont bien ou mal jugé, ce sont des personnes et ils ont leurs défaillances.

J’espérais que les contractions allaient amener la Cour dans le doute. Ce doute allait les obliger en ce moment à acquitter mes clients parce que c’est une question de conscience et de droits aussi, le doute favorise l’accusé”, a-t-il signalé.    

Marie DEMBELE

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