L’attaque contre le village de Bounty continue d’animer les débats au Mali et à l’extérieur. Si des partenaires du Mali, notamment l’armée française affirme avoir mené une attaque contre les groupes terroristes, des populations crient à des exactions contre les civils dont des femmes et des enfants. Le ministre de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara, a donné pour sa part, des éclaircissements sur cette attaque et surtout sur la nature des victimes.

« Le ministre de la Défense et des Anciens Combattants informe l’opinion nationale et internationale, qu’une opération conjointe FAMa-Barkhane-CF G5 sahel, « Eclipse » est en cours afin de neutraliser les Groupes Armés Terroristes (GAT) dans la zone de trois frontières », indique-t-on dans le communiqué signé par le général de brigade Souleymane Doucouré, secrétaire général du département de la Défense.

Selon le ministère de la Défense et des Anciens Combattants, « des mouvements individuels, suivis de groupement d’une cinquante d’individus ont été observés le dimanche 3 janvier 2021… » par les forces armées dans les environs de 11 heures. Contrairement à ce qui se dit depuis l’attaque de Bounty, le ministre de la Défense et des Anciens combattants laisse entendre que dans le groupe suspect constaté par les forces armées, il n’y avait « ni femmes ni enfants ».

Même si la population parle des tueries contre des civils, le colonel Sadio Camara fait cas , lui, de la neutralisation  des djihadistes de la Katiba Serma. « Aux environs de 13 heures, ces éléments de la Katima Serma, vêtus de la même façon, ont formé trois groupes », explique le département de la défense qui ajoute que « ce regroupement de combattants, principaux auteurs d’attaques et de poses d’Engins Explosifs Improvisés (EEI) sur la RN16, principalement Douentza et Hombori, ont été qualifiés d’objectif et l’intervention aérienne sollicitée par le poste de Commandement conjoint ».

Concernant le bilan de l’attaque, la défense malienne dément la version selon laquelle le nombre de victimes s’élève à plus d’une centaine de personnes. Elle parle d’une trentaine de terroristes. « Les frappes aériennes effectuées par un mirage 2000 sur ledit objectif ont fait un bilan d’une trentaine de GAT neutralisés selon les images de la mission d’observation et de surveillance », indique-t-on dans le communiqué.  Des villageois, précise le ministère de la Défense et des Anciens Combattants, venus en motos et pickup, ont inhumé les morts et ont récupéré les blessés avant de partir dans « des directions différentes ».

Le ministère de la Défense et des Anciens combattants n’est pas d’accord avec la version selon laquelle des personnes tuées étaient des villageois qui célébraient un mariage. Selon ce département, ceux qui ont été tués sont bien des GAT. « L’environnement n’a  montré ni scène de mariage, ni enfant ou femmes. Tous les renseignements recueillis en direct justifiaient que les cibles neutralisées étaient des objectifs militaires confirmés », insiste le département de la Défense. Aussi, souligne le ministre de la Défense et des Anciens Combattants, «la zone comprise entre Hombori et Douentza est bien connue comme une zone d’influence active de la Katiba Serma du Rassemblement pour la Victoire de l’Islam et des Musulmans(RVIM) qui y dispose de plusieurs Merkaz, centres entrainement, ateliers de confection EEI, principalement à l’intérieur du triangle Dalla, Nokara et Kerena qui est l’épicentre de l’idéologie salafiste terroriste dans le zone ».

Par ailleurs, le ministre de la Défense et des Anciens Combattants annoncé l’ouverture d’une enquête pour mieux comprendre ce qui s’est passé. Il invite les populations à soutenir l’armée dans son combat contre l’insécurité.

B. Guindo

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Source: Le Pays

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