La salle de conférence du ministère des Mines, de l’Energie et de l’Eau a abrité la cérémonie de remise solennelle par le Front pour l’Emergence et le Renouveau au Mali (FER-Mali) d’un Manifeste pour la souveraineté économique du Mali à travers l’exploitation de l’Or au ministre Seydou Lamine Traoré. C’était jeudi 30 septembre 2021.

L’objectif de cette remise du manifeste pour la souveraineté économique du Mali du Front pour l’Emergence et le Renouveau (FER-Mali) au le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré est de contribuer à faire sortir le pays de sa dépendance économique, vis-à-vis de l’extérieur pour une nation émergente.

Selon son Président Sory Ibrahim Traoré, ce présent manifeste est un outil élaboré avec l’ensemble des acteurs qui opèrent dans le domaine de l’exploitation aurifère au Mali, dont l’Union des Comptoirs et Raffineries d’Or du Mali (UCROM) ; des différentes sociétés et coopératives d’exploitants de l’orpaillage Kéniéba, Sadiola et Syama ; avec les différents groupes d’experts qui ont travaillé sur les questions.

Fort du constat qu’au Mali : «plus de 4000 milliards de nos francs sortent à travers l’exploitation minière par des fausses déclarations douanières ; plus de 600 milliards échappent à l’Etat malien annuellement ; la quantité de l’or extraite au niveau de l’orpaillage traditionnel est sous-estimé ; parce qu’au lieu de 50 tonnes, seule une dizaine de tonnes est déclarée annuellement», FER-Mali a pu évaluer ce que le pays aurait gagner si le secteur de l’exploitation aurifère était mieux organisé et mieux contrôlé par l’Etat malien.

En effet, il a rappelé que souvent la viande des bœufs payés au Mali et exportés au Sénégal, est vendue aux miniers par des bouchers sénégalais.

«Figurer vous qu’une seule mine peut investir jusqu’à 400 millions de nos francs annuellement dans l’achat de notre viande, nous pensons que c’est de l’argent qui devrait rester au Mali et renforcer l’économie malienne. Cela nous avons fait une proposition et vous aurez le choix de porter le projet de loi ou notre groupe de lobbying fera faire une proposition de loi par le CNT, qui va obliger légalement les sociétés minières à créer les conditions pour que 80% des achats en termes de biens et de service se fassent localement au Mali, afin de capitaliser environ 800 milliards annuellement», a-t-il martelé.

Il a regretté le fait qu’un pays aussi riche en ressources minières puisse dépendre de l’aide extérieur.

D’où l’élaboration de ce manifeste, qui en son sein a des actions concrètes qui pourront faire en sorte que le budget national du Mali à l’horizon 2023 puisse être totalement pris en charge par les ressources internes à travers l’or du Mali.

Prenant la parole, l’expert en gestion des ressources minières Aliou TRAORÉ a souligné avoir travailler sur deux projets dont celui de la création de l’Agence de régulation et de contrôle des intérêts du pays dans les mines et une proposition de loi 80% des achats des contrats au Mali et 20% à l’étranger, appelée loi 80-20.

«Pour l’agence, une proposition a été faite à ce que l’Etat puisse fournir des agents qui seront mis dans les différents points stratégiques dans toutes les mines du Mali, à savoir : la production, l’approvisionnement, la comptabilité, les ressources humaines et la salle d’or afin de mieux contrôler les intérêts du pays», a-t-il commenté.

Quant à Moussa Toumani Sidibé, expert en développement communautaire avec les Mines, non moins une des victimes des sociétés minières, il a expliqué les dures conditions des travailleurs nationaux du secteur minier.

Après avoir exprimé leurs reconnaissances aux efforts louables effectués par les autorités maliennes pour de permettre aux travailleurs nationaux du secteur de pouvoir maintenir leur emploi.

Il a déploré la manière dont les sociétés minières continuent de bafouer le code de travail et surtout la constitution du Mali, en continuant à licencier des nationaux et les remplacer par des expatriés.

«Nous avons confiance en vous et à votre département pour arrêter cette situation incroyable et inadmissible par notre nouveau Mali, afin de permettre aux nationaux de souffler le vent du respect et de la considération dont vous êtes l’un des acteurs majeurs de ce changement », a-t-il laissé entendre.

De déclarer que : «nous sommes loin d’être dans une activité de revendication, nous croyons et sans démagogie nous le disons et nous l’avons dit à Syama, à Kéniéba, à Sadiola : aujourd’hui le département des Mines est vraiment en droite ligne de faire briller l’or du Mali pour les maliens ».

S’inscrivant dans le contrôle citoyen de base et de la mobilisation de l’opinion nationale en faveur du ministère des mines et des autorités de la transition, le Président de FER-MALI a renouvelé l’engagement de son organisation à soutenir les autorités de la transition pour la souveraineté économique du Mali.

Le ministre de tutelle, Seydou Lamine Traoré a pour sa part salué l’initiative citoyenne de la remise du manifeste qui vise à conquérir la souveraineté économique du Mali.

Il s’est réjouit des très bonnes propositions qui ont traits au renforcement du contrôle de l’Etat sur le secteur minier, à la valorisation des contenus locaux qui sont des questions qui sont traitées dans le nouveau code minier.

«Nous avons une convergence de vue à ce niveau, car nous pensons que l’exploitation minière devrait être un outil privilégié de croissance économique et de développement social, mais aussi dans ce contexte difficile de sécurité que nous connaissons. Un outil de rapprochement entre tous les maliens pour la consolidation de la paix et de la réconciliation dans notre pays», a-t-il conclu.

Kadi DIALLO

ÉchosMédias

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