Le Mali traverse une crise multiforme et multidimensionnelle depuis presqu’une décennie et, actuellement un autre phénomène s’y ajoute, le COVID-19. Ce dernier a secoué r même les nations les plus fortes financièrement et en équipement.

Ce moment devait être un moment de retrouvailles, de consultations et de concertations. A l’instar de certains Présidents de la sous-région, j’étais de ceux qui pensaient que notre Président, son excellence Ibrahim Boubacar Keita,en tant qu’aîné sans être le plus âgé, allait avoir l’audace, j’allais dire le réflexe de convoquer au moins certains leaders d’opinion sous l’arbre à palabre républicain pour rassurer et redonner confiance à une nation déjà durement éprouvée. Car une pandémie de cette envergure n’est pas que de la responsabilité du personnel médical et des autorités publiques car le combat qu’on doit gagner n’est pas celui de la prise en charge mais celui de la prévention.

Au lendemain de l’annonce des premiers cas positifs du COVID-19, je faisais partie des maliens si tristes de voir que cette tradition africaine pourtant bien ancrée chez nous n’était pas à l’ordre du jour. Ce moment devait être un moment opportun pour décrypter le jeu politique et social.

Je fais parti de ceux qui pensaient que toutes les dérives constatées après les élections législatives étaient dues au manque de concertations et de consultations. Ce forcing a fait que ces élections ont connu des victimes, des vives contestations, un faible taux de participation et élan contestataire allant jusqu’à demander, à tort ou raison, la démission de la Présidente de la cour constitutionnelle.

Depuis belle lurette, notre pays n’enregistre que des scandales. Scandales sur scandales, scandales après scandales. Jamais en si peu de temps, notre pays n’a connu une telle hémorragie financière. Jamais dans l’histoire de notre pays, il n’y a eu une telle interférence de la famille présidentielle dans les affaires de l’Etat. Jamais notre pays n’a connu une telle humiliation. Tous les grands scandales sont perpétrés par des élites, des hommes d’affaires intouchables qui sont autour de la galaxie présidentielle et qui bénéficient encore de la protection de l’invisible main des ténèbres.

Malgré ces dérives constatées çà et là, nous devons faire montre de beaucoup de patriotisme, de retenue, d’endurance, et de courage.

Comme le disait le Roi GUEZO :<< il faut que les enfants du pays viennent les mains rassemblées, boucher les trous de la jarre percée>>. Et comme le déclarait l’éminent juge sénégalais KEBA M’BAYE : <>.

Ce moment ne sied pas à la politique, encore moins à la politique politicienne, ni aux sorties intempestives, ni aux gesticulations. C’est le moment ou chacun de nous doit apporter sa pierre à l’édifice commun. Le Président de la République a besoin de chacun de ses compatriotes autour de lui comme un seul homme car toutefois, la sagesse nous enseigne que la réalisation des grands desseins requiert la mobilisation de toutes les forces au-delà de celle qui détient la commande et l’écriture nous le rappelle en ces termes : tu t’épuiseras toi-même et tu épuiseras le peuple qui est avec toi car la chose est au-dessus de tes seules forces, tu ne pourras pas y suffire toi seul. C’est pour nous conformer à cette invite divine que j’écrive aux maliens pour leur dire que le moment n’est pas à la défiance de l’état quelques soient les motifs qu’on puisse évoquer. Aujourd’hui, le Mali a besoin de ses enfants, de tous ses enfants. Nul n’a le droit d’ignorer son appel.

Pour ce qui concerne le Président de la République, on doit au moins l’aider à sortir par la grande porte en consultant notre vespéral pour qu’il réussisse la mission que, par la grâce de DIEU, les maliens lui ont confié et avoir une mention honorable sur les langues de la postérité.

Que le Président de le République en tant qu’historien n’oublie pas que l’arrogance et le pouvoir ne font pas bon ménage. Il est enfermé et têtu. C’est mon avis et l’avis de la majorité de nos compatriotes. Qu’il appelle tous les fils et filles valables de par leur compétence, leur patriotisme, leur intégrité autour de lui.

Devant le silence des grands intellectuels, des érudits et des hommes de culture, à qui j’attends une réflexion beaucoup plus soutenue et beaucoup plus structurée, j’élève ma petite voix tout en m’excusant si j’ai violé dans le fonds et dans la forme de l’expression un droit africain, une tradition malienne et africaine que je vous dois : le droit d’aînesse.

Je vous remercie.

ABDOULAYE MAIGA

Interne en Pharmacie

Tel : (+223) 71134285

E-mail : maigaabdoulaye550@gmail.com

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