Le président de l’office s’est étendu, lors de sa conférence de presse, sur les cas de trois fonctionnaires, dont les biens colossaux méritent que les juges s’y attardent pour en connaître l’origine. L’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (Oclei) a transmis à la justice trois dossiers portant sur des supposées affaires de corruption, dont la valeur cumulée est évaluée à plus de 4 milliards de Fcfa, a révélé samedi son président. Le magistrat Moumini Guindo, président de l’Office Central de Lutte contre l’Enrichissement illicite (OCLEI), a présenté, ce samedi 04 décembre dernier, le rapport annuel d’activités de son organisation. Le rapport présenté à la presse couvre la période du 4er juin 2017 au 31 décembre 2018.

L’existence physique de l’OCLEI, la dotation de l’organisation en ressources humaines, les appels à déclaration de biens, la réalisation d’une étude sur les causes du phénomène de la corruption au Mali, la coopération avec des structures étrangères, et la transmission des dossiers de corruption portant sur 4 milliards FCFA, constituent entre autres les principales activités de l’OCLEI, du 4er juin 2017 au 31 décembre 2018.

De 2017 à 2018, le président de l’OCLEI affirme que 998 fonctionnaires ont effectué leur déclaration de biens, soit 68% des assujettis retenus par le Gouvernement et ses partenaires sociaux. Il ressort de ses chiffres que les administrateurs civils, c’est-à-dire les fonctionnaires du ministère de l’Administration territoriale, avec 341 déclarations, sont les plus aptes à se conformer à la loi. A l’opposé, les fonctionnaires du ministère des Finances, avec une trentaine de déclarations, sont réticents à l’idée de déclaration des biens.

Des données, projetées devant la presse, ont fait dire au Révérend Nouhoum Ag Nock, présent dans la salle, que c’est «seulement ceux qui gèrent la paperasse qui sont les plus assujettis». Un avis partagé par Moumini Guindo qui estime que malheureusement les immunités et les privilèges sont un frein à la lutte contre la corruption dans notre pays. Ainsi, les députés qui ont adopté la loi sur la déclaration de bien ne sont pas, eux-mêmes, assujettis à cette mesure.

4 milliards FCFA pour trois fonctionnaires

La partie du rapport qui a fait grincer les dents porte sur les trois dossiers transmis à la justice. Il s’agit de trois fonctionnaires poursuivis pour un montant de 4 milliards de FCFA. Le premier est un Inspecteur des Services de sécurité sociale. Ses biens identifiés par l’OCLEI sont entre autres: 17 maisons d’habitation, 03 maisons d’habitation et une parcelle déjà vendues. Par expertise, l’OCLEI estime les biens de ce fonctionnaire à 969 millions de FCFA, pour un salaire cumulé sur 6 ans de 63,3 millions.

Les deux autres fonctionnaires sont des Inspecteurs de Finances dont l’un avec 20 bâtiments dont 17 maisons d’habitation et 02 écoles; une ferme agricole, 46 parcelles non bâties, 2 maisons d’habitation et 2 parcelles non identifiées et un bâtiment commercial déjà vendus. Cet Inspecteur des Finances, avec un salaire cumulé sur six ans, a une valeur présumée de biens qui s’élève à 1,562 milliards FCFA, selon une expertise. Son collègue, un Inspecteur des Finances, a, lui aussi, des biens estimés à 1,751 millions FCFA.

Le troisième concerne aussi un inspecteur des finances. L’office a identifié 20 bâtiments lui appartenant dont 17 maisons d’habitation. Ses biens immobiliers comporteraient aussi deux écoles privées, une ferme agricole mise en valeur, 46 parcelles dont l’essentiel est en titre foncier, deux maisons d’habitation déjà vendues, un bâtiment commercial vendu aussi. Cette personne a utilisé beaucoup de prête-noms. Ses enfants de 2 ans, 4 ans et 6 ans, posséderaient respectivement des maisons de 300 millions, 100 millions, 200 millions. La valeur de ses biens a été estimée à 1,562 milliard de Fcfa.

EchosMédias

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