«Problématique de l’emploi des jeunes au Mali», était le thème du premier numéro de l’émission «Interpellation Jeunes», ce samedi 2 octobre, à l’Université Internationale d’excellence Tuniso-Malienne (UIE-Mali) en face de la FSEG, sur la colline de Badalabougou. Elle avait pour invité Bakary DOUMBIA, ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’emploi et de la formation professionnelle.

C’était en présence du Recteur de l’UIE-Mali, Boubar SANOGO ; de nombreux étudiants. Dans son mot introductif, le ministre DOUMBIA a rappelé que de 1960 à 1968, l’État était le principal pourvoyeur d’emploi au Mali.

Toutefois, depuis 1987, la situation de l’emploi se détériore au Mali. Une situation qui s’explique par un certain nombre de facteurs fondamentaux parmi lesquels, la poussée de la population jeune ; la mauvaise articulation entre la formation et le monde professionnel combiné à un marché du travail compétitif et rigide entraînant une longue période de précarité entre fin des études et le premier contrat d’embauche.

Même si le problème, en soi, ne date pas d’aujourd’hui, il n’en demeure pas moins que les récents événements consécutifs à la crise dans les régions septentrionales ont, bien entendu, rendu plus impérieux, mais également plus problématique, la recherche de solutions au problème du chômage des jeunes.

De son propos il ressort que plus 200 à 300 000 jeunes diplômés arrivent chaque année sur le marché de l’emploi. Aussi, chaque année plus de 180 000 jeunes entrent sur le marché de l’emploi sans aptitude professionnelle. L’enjeu de la formation et de l’insertion des jeunes constitue pour notre pays une problématique d’actualité.

De nos jours, les employeurs, tout en déplorant une pénurie de compétences, déplorent également le niveau de compétence des jeunes diplômés qui sortent de nos écoles.

Pourtant, depuis plus d’une vingtaine d’années, les politiques en faveur de la formation professionnelle se sont multipliées.

Elles sont, en effet, perçues comme un des principaux leviers de la lutte contre le chômage puisqu’elles sont censées réduire les difficultés de recrutement liées à l’inadéquation entre l’offre et la demande de compétences sur le marché du travail.

«Les plus hautes autorités sont particulièrement préoccupées par le problème de l’emploi et du chômage à cause de la très grande jeunesse de la population et de son taux d’accroissement élevé qui est de 3,6% par an», a-t-il déclaré.

Malgré la multiplicité des programmes et fonds d’investissement destinés à l’employabilité des jeunes à l’image de la Banque Mondiale pour le « PROCEJ »,  l’ANPE, l’APEJ,  le « FIER » financé par le FIDA, le problème de l’emploi des jeunes se pose avec acuité.Face à cette situation, le département de l’Entrepreneuriat national, de l’emploi et de la formation professionnelle, multiplie les initiatives.

C’est ainsi que le département, selon son chef, a lancé, ce jeudi 26 août, la phase pilote du Programme de Mobilisation des Compétences de la Diaspora pour l’Emploi (PMCDE).

Aussi, le 20 septembre 2020, il y a eu lancement officiel du 12e programme de stage de formation professionnelle de l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (APEJ), qui porte sur 2 000 jeunes âgés de 15 à 40 ans.

Même si la volonté politique est réelle, force est de constater avec le ministre que les ressources de l’État sont limitées en la matière.

C’est pourquoi le ministre a conseillé aux jeunes de mieux s’informer sur les opportunités d’appui et d’accompagnement existantes.

Au passage, il les a invités à explorer le monde rural où, dit-il, les opportunités sont plus nombreuses. Il s’agit d’aller vers l’auto-emploi, la création et le développement des TPME surtout innovantes et compétitives, l’encouragement de l’investissement direct étranger. «Il faut avoir la conviction et être persévérant», a-t-il conseillé.

Par Abdoulaye OUATTARA

ÉchosMédias

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