Depuis le 25 mars, date à laquelle a été découvert, sur notre sol, le premier cas de Coronavirus, naturellement, comme partout, à travers le monde, nos compatriotes s’attendaient à un accompagnement de l’Etat. Annoncées, en grande pompe par le président de la République, ces mesures se font toujours attendre.  

Il faut, déjà, le rappeler, le premier cas de Covid-19 (ou la première personne) nous est venu de l’hexagone. En effet, c’est une certaine Dame Maïga, une proche d’une autre très proche du président de la République, qui l’a importé sur notre territoire.

Même si, présentement, elle est totalement guérie (Dieu merci) et sortie de l’hôpital, il faut dire qu’il est important de placer, souvent, les choses dans leur contexte. Elle est arrivée à bord du fameux vol d’Air-France (du 17 mars 2020) qui devait venir chercher des ressortissants français bloqués dans notre pays.

À l’époque, déjà, il faut reconnaître que nombreuses sont les voix qui se sont levées pour protester contre l’atterrissage de ce vol sur notre territoire. En vain, l’avion a atterri, des Maliens étaient à bord et une femme (au moins) a débarqué à Bamako avec le premier cas de Covid-19. Elle a été prise en charge et depuis les chiffres ne cessent de grimper. Nous sommes, aujourd’hui, à plus de six-cents (600) cas. Pratiquement, toutes les régions du Mali sont infectées. Et nous sommes loin du « pic » comme le disent les spécialistes.

Si au départ, nos compatriotes avaient un peu d’espoir quant à notre capacité à contrer et faire face, conséquemment, à cette pandémie, à cause des promesses faites en haut lieu, force est de reconnaître qu’ils désespèrent, maintenant, chaque jour, un peu plus.

En effet, quand le président de la République annonçait, solennellement, les mesures d’accompagnement pour faire face au Covid-19, nombreux sont nos compatriotes qui ont salué les décisions prises. Pour une des rares fois, l’allocution du président a été bue, comme du petit lait, par la majorité de ses compatriotes qui, d’ailleurs, pour la plupart, sous forme de boutade, ont qualifié le discours de plus audible que les précédents.

Sous le coup de l’émotion, ils n’avaient pas lu, entre les lignes, pas assez analysé l’allocution. En réalité, IBK n’avait pas bougé d’un iota. C’était de la poudre aux yeux.

Quelques jours plus tard, avec le recul, les Maliens ont commencé à déchanter et désespèrent, profondément, aujourd’hui. Chaque jour, ils réalisent qu’ils ont été bernés, roulés dans la farine, trompés (comme d’habitude) par celui qui est censé les protéger.

En fait, les mesures d’IBK n’avaient et n’ont toujours aucun impact sur le quotidien des Maliens. Et pire, certaines sont d’ailleurs préjudiciables pour la population. Il s’agit, entre autres, du couvre-feu, de la réduction des heures ouvrables au sein de l’administration et des horaires des marchés.

En gros, pendant que dans les autres pays, les plus hautes autorités font tout pour apaiser les souffrances des gens, ici, chez nous, les Maliens sont des laissés-pour-compte, c’est chacun pour soi, tout le monde se débrouille comme il peut.

Aucune initiative digne de ce nom pendant que nos voisins, qui ont tous de la vision, ont pris la question à bras le corps. Certains vont jusqu’à distribuer de l’argent aux familles démunies, d’autres ont, conséquemment, joué sur les coûts de l’eau et de l’électricité, le loyer et autres charges récurrentes dans les ménages.

Ici, on a rusé. Un grand et très solennel discours, une longue littérature, de grandes mesures sur papiers qui n’ont hélas aucun impact sur le quotidien.

Pour ce qui concerne l’eau, quelles que soient les facilités accordées sur son coût, elles ne pourront concerner plus de 20% de nos compatriotes. Car, ceux qui bénéficient de l’eau potable dans notre pays, sont des privilégiés et n’ont, pour certains, même pas besoin de telles mesures.

Le taux de couverture en eau, même dans la capitale, laisse à désirer. Les mesures au sujet de l’électricité sont, elles aussi, sélectives pendant que dans certains pays, l’Etat a même envoyé des forfaits à certains clients bénéficiant de compteurs prépayés.

Pour ce qui concerne la prise en charge des malades, nous y reviendrons une prochaine fois. Car, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, elle est des plus déplorables au monde ; le numéro vert est le plus souvent inaccessible. 

Finalement, les Maliens n’ont, pour dire la vérité, et pour être franc, bénéficié d’aucune assistance de la part des autorités. Ils se débrouillent tous et font comme ils peuvent face à la maladie et ses conséquences sur leur quotidien. Pendant ce temps, IBK, lui-même, se barricade.

Mohamed Ag Aliou

Source : Nouvelle Libération

Laisser un commentaire