Alifa Habib Koné, Pière Dackou et Jean Paul Koné Président ont co-animé un point de presse afin de dénoncer l’organisation dun festival international des bwa du 25 au 29 mai 2021, sur la place du cinquantenaire en leurs noms sans pour autant les associer. C’était le mercredi 27 avril 2021, au Centre Djoliba.

Selon les conférenciers du jour, un festival International des bobos (Buwa) est en préparation du 25 au 29 mai 2021, avec pour directeur Aboubacar DIAWARA et président de la commission d’organisation, Michel ZEBO.

Ce festival serait organisé par une l’Association des jeunes pour le développement humanitaire (AJMDH), avec pour thème : « Culture et réconciliation nationale : Place des valeurs sociétales dans la gestion des questions identitaires, dans le processus de la paix et de la réconciliation nationale ».

Il est à noter que : « le peuple Bo est certainement celui qui a le plus intégré de communautés étrangères, ce qui transparait avec la diversité des noms de familles: DIARRA, COULIBALY, DEMBELE, DAO, et même CISSE et SANGARE qui revendiquent fièrement leur appartenance à ce peuple pacifique mais téméraire.

La preuve de sa coexistence pacifique avec les autres communautés maliennes remonte dans le temps: la preuve, la guerre de libération de 1916, connue largement sous l’appellation: Révolte des bobos » de 1916 qui a vu combattre côte à côte le colon français des bwa mais également des dogons, des mianka et autres dafing .

Avant dindiquer quà ce jour : « si vous souhaitez mettre en avant une culture à titre d’exemple pour prôner la tolérance et la réconciliation, il ny a pas mieux à choisir que la culture bô ».

À leurs dires, le festival annoncé sur financement de fonds publics est entrain de s’organiser sans associer les organisations bwas, en dépit de l’interpellation des organisateurs. « Les personnes qui soutiendraient cette initiative parlent en leur nom propre et non au nom des associations ou groupements de la communauté, comme on peut le constater aisément par leurs dénominations respectives.

Si nous comprenons qu’il revient au Ministère chargé de la culture d’accompagner toute initiative culturelle, il n’est pas non plus contestable que cette promotion ne peut se faire en marge des communautés qui ont la pleine connaissance desdites cultures ni en leur absence.

Or, il est évident que toutes les politiques nationales ne peuvent se conduire en occultant les concertations avec les bénéficiaires que nous sommes, surtout en cette ère de démocratie et qui plus est de décentralisation tout en ignorant tout de la culture Bo et de l’architecture sociale»

Au cours de son intervention, le Président de Niima Présence Buwa, Alifa Habib Koné a rappelé qu’après plusieurs rencontres de plus dune trentaine d’associations bwas pour protester contre le projet de réalisation d’un festival international bwas de parler officiellement aux citoyens maliens, face aux rumeurs, dire la réalité afin que les uns et les autres s’investissent pour avoir de solutions possibles.

Selon ses dires, les initiateurs de ce dit festival ne sont pas de la communauté bwa, mais elle est allée vers ces derniers pour des explications sur le contenu du festival, ce qui sera présenter au nom des bwa, afin déviter des incidents du genre de l’affaire de Mme Togola Assétou Koné à l’Espace d’Interpellation Démocratique (EID)

Il est donc évident en l’absence du caractère participatif et d’inclusion si chère à la transition, cette activité ne contribuera pas en qualité à réaliser les objectifs de la transition, même si elle permettait de justifier un décaissement au nom d’une communauté qui désapprouve une activité menée en leur nom, contrairement au traitement réservé aux autres « communautés qui comptent » au Mali.

« C’est contre ce traitement discriminatoire d’une communauté qui est un exemple de participation à la construction de la Nation malienne que les différentes associations bwa disent maintenant non, après avoir fait le bilan de leur intégration au Mali depuis l’indépendance », ont-ils martelé. Ainsi pour toutes ces raisons, les conférenciers estiment qu’il ne serait pas indiqué que le décaissement des fonds publics pour une telle activité soit faite au profit d’associations au lieu d’un individu qui refuse complètement d’associer les communautés Bwa, au nom desquelles l’activité est réalisée.

Si l’objectif de cette activité est de présenter l’intégration et la diversité de la communauté bo comme un exemple de cohabitation parfaite, en son sein et avec les autres communautés, celui-ci est faussé dès lors que ladite activité divise même cette communauté, en son sein.

Cependant, les conférenciers ont tout de même souligner n’avoir pu avoir officiellement les documents pour sassurer que se qui se prépare pour la communauté était bien pour elle, même sils reconnaissent que la culture bwa se traite bien à la thématique abordée, qui est la réconciliation nationale choisie.

« Pas un festival international dit des bobos sans les Bwa eux-mêmes! », concluront les conférenciers.

Kadi Diallo

ÉchosMédias

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