
Il existe des formes d’idiotie qui prêtent à sourire, l’oubli léger, le propos maladroit, l’erreur humaine. Mais il en est une autre, bien plus dangereuse, l’idiotie arrogante. Celle qui croit tout savoir, qui regarde les autres de haut, et qui pense, dans son délire de supériorité, être le seul dépositaire de la vérité…
Cette idiotie-là a ses fidèles, ses clients. Elle parle fort, séduit par le verbe, impressionne parfois ceux qui manquent de repères. Elle parade sur les réseaux, dans les débats, dans les conversations de surface.
Elle donne des leçons sur tout, politique, religion, géopolitique, société… Elle sait tout, comprend tout, explique tout. Sauf qu’au fond, elle ne comprend rien. Elle ignore la nuance, elle piétine la complexité, elle méprise le doute.
L’idiot croit que les autres ne savent rien.
Il s’érige en génie incompris, en victime d’un monde d’ignorants. Il se nourrit de sa propre voix et s’étouffe dans son écho. Et le pire, c’est qu’il finit par croire à ses propres illusions.
Mais l’idiotie n’est jamais stable. Plus on essaie de la cacher, plus elle ressurgit. Elle surgit dans les regards, dans les silences gênés, dans les vérités qui finissent toujours par éclater. L’idiot finit toujours par être dévisagé… par sa propre idiotie.
Ce n’est pas une injure, c’est un constat.
L’idiotie est têtue, elle résiste à la raison, elle s’accroche au mensonge.
Et les applaudissements qu’elle reçoit sont temporaires.

Car ceux qui l’acclament aujourd’hui s’en détourneront demain. On ne bâtit pas des relations durables sur le mépris, l’orgueil et la suffisance.
On bâtit sur l’écoute, le respect, l’humilité. Trois choses que l’idiot prétentieux ne connaîtra jamais.
Le Mali et le monde n’ont pas besoin de cette idiotie déguisée en génie. Ils ont besoin de lucidité, de modestie, de courage.
L’intelligence vraie est silencieuse avant d’être brillante. L’idiotie, elle, est bruyante… avant de s’effondrer.
Source : Le Poing
