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Nous ne parlons au nom d’aucun État. Nous sommes Sahéliens. Nous vivons les douleurs, les espoirs et les luttes de notre peuple. Notre engagement est ancien, enraciné. Il ne se nourrit ni d’opportunisme ni de conjoncture…

Nous critiquons nos États quand il le faut. Mais nous refusons que nos réalités soient déformées par des regards extérieurs, condescendants ou intéressés. Défendre notre souveraineté, ce n’est pas faire allégeance à un pouvoir, c’est défendre un principe. Celui de la dignité des peuples libres.

Dans cette bataille pour la souveraineté, les armes ne sont pas que militaires. Elles sont aussi médiatiques. Et certains, sous prétexte d’analyse, s’imposent comme relais de récits dangereux. C’est le cas de Wassim Nasr, présenté comme “spécialiste des groupes jihadistes” sur France 24.

Mais que fait exactement Wassim Nasr ?

Il relaie, commente, partage sans filtre les messages, vidéos et communiqués des groupes terroristes. Souvent sans mise en contexte. Souvent sans aucune considération pour les réalités du terrain. Ce n’est pas de l’analyse. C’est un brouillage délibéré.

Lors de l’attaque terroriste contre des citernes de carburant destinées à Bamako, il a analysé l’action comme une stratégie “efficace”. Comme si affamer une ville était un acte politique légitime.

Il ne s’est pas demandé une seconde ce que cela signifie pour les familles, les travailleurs, les malades, les enfants de Bamako. Il a choisi de théoriser ce sabotage.

Et pourtant, il reconnaît lui-même que les groupes terroristes ne pourront jamais prendre Bamako. Ce qu’il ne dit pas, c’est pourquoi: parce que le peuple malien ne cèdera jamais au terrorisme. Parce que Bamako n’est pas Kaboul. Parce que le Mali se tient debout.

Mais cette posture trouble ne s’arrête pas là.

Dans ses nombreuses interventions, Wassim Nasr construit une image biaisée des armées Malienne, Nigerienne et Burkinabè. Il va jusqu’à évoquer des “risques de génocide” contre des Peuls .

En oubliant que ces armées sont elles-mêmes composées de milliers de soldats peuls, Dogons, Arabes, Songhoi et Zarma, Bambaras, Touaregs, Boozo, Bobo, soninkés, et autres. Il oublie les réalités sociales, les cousinages, les solidarités communautaires qui traversent nos sociétés.

Wassim Nasr ne fait pas que rapporter. Il influence. Il oriente. Il relativise la violence des terroristes et délégitime la légitime défense des États sahéliens. Il transforme les agresseurs et assassins en interlocuteurs et les peuples en suspects. C’est une posture grave.

Ce n’est pas cela, le journalisme. Et ce n’est pas cela, l’éthique.

Nous ne demandons pas la censure. Nous appelons à la responsabilité. Quand des journalistes deviennent, consciemment ou non, les vecteurs d’un récit qui affaiblit nos sociétés et légitime ceux qui les attaquent, il faut le dire.

Il faut l’écrire.

La guerre est aussi une guerre de mots. Et nous, Sahéliens, n’avons pas l’intention de laisser d’autres écrire à notre place. Le Poing

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