
Le souci permanent des autorités de la transition est de régler les problèmes des populations. Certes, souvent, elles prennent du temps pour certains cas en raison de la complexité du problème. C’est le cas des travailleurs partants volontaires à la retraite…
Et au terme de plus de 30 ans de souffrance, ceux-ci peuvent souffler un ouf de soulagement. Un protocole d’accord vient de mettre fin à leur calvaire.
La journée du mardi 4 novembre 2025 restera, à jamais, gravée dans la mémoire des travailleurs partants volontaires à la retraite et leurs familles. Et au terme de plus de 30 ans de souffrance, ceux-ci peuvent souffler un ouf de soulagement. Un protocole d’accord vient de mettre fin à leur calvaire.
La journée du mardi 4 novembre 2025 restera, à jamais, gravée dans la mémoire des travailleurs partants volontaires à la retraite et leurs familles.
Car, c’est le jour où leurs représentants, à travers la Coordination des associations des partants volontaires, victimes du programme d’ajustement structurel, l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM), et le gouvernement ont officialisé un protocole d’accord dans la salle de conférence du ministère du Travail de la Fonction publique et du Dialogue social.
La cérémonie était présidée par Dr Fassoum Coulibaly, ministre chargé du Travail qui avait à ses côtés, Alousséni Sanou, ministre de l’Économie et des Finances.
Ce protocole d’accord met fin au traitement d’un dossier concernant plus de 5023 personnes qui vont enfin bénéficier de leurs droits et indemnités estimés à plus de 9 milliards de F CFA. Des droits et indemnités qui leur avaient été refusés durant ces trente dernières années. Ce résultat est le fruit de la volonté inébranlable du gouvernement à respecter les termes du procès-verbal de conciliation issu des accords avec l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) et le Conseil national du patronat du Mali (CNPM).
Procès-verbal de conciliation respecté par le gouvernement
Le PV en question a été signé le 05 février 2021. C’est un document de treize (13) pages qui porte sur un mémorandum comportant neuf (9) points de revendications. Le troisième point de ces revendications concerne le paiement des droits des partants volontaires à la retraite, victimes des programmes de l’ajustement structurel. Parmi ces droits, il y a celui pour ceux-ci de bénéficier de la pension. « Le Gouvernement et l’Union Nationale des Travailleurs du Mali conviennent de la mise en place d’une commission pour déterminer les bénéficiaires et leurs droits afin de procéder aux paiements avant le 31 mars 2021 » peut-on lire dans le PV qui évoque aussi la mise à leur disposition du fonds de réinsertion au plus tard le 31 mars 2021. Avec la rectification de la transition opérée le 24 mai 2021, les autorités nationales, sous le leadership de Général d’Armée Assimi Goïta, n’ont ménagé aucun effort pour la réalisation de ce point de revendication relatif aux partants volontaires à la retraite qui couraient derrière leurs droits depuis plus de trente (30) ans.
Plus de 30 années de souffrance et d’humiliation
Tout a commencé courant l’année 1985, quand l’Etat malien, avec le concours financier de la Banque mondiale, avait initié un programme de départ volontaire à la retraite de fonctionnaires ; en vue de réduire les charges de la fonction publique. Pour cela, la loi N°91-002/ANRM du 24 janvier 1991 instituant un système de départ volontaire de la fonction publique fut votée à l’intention des agents de l’Etat relevant du Statut général des fonctionnaires, du Statut de la magistrature et du Code du travail.
Pour inciter lesdits fonctionnaires à adhérer audit programme, l’Etat malien prenait certains engagements notamment : le reversement des cotisations sociales des partants volontaires n’ayant pas totalisé 15 ans de service au moment du départ ; le paiement de la pension de retraite à partir de l’âge limite légal ; le paiement de montants supplémentaires au profit des cadres de la hiérarchie A , B et C au titre des mesures d’accompagnement dans le cadre de la solidarité nationale.
Face à la lenteur ou encore à la mauvaise foi des décideurs de l’époque, les partants volontaires ont multiplié, en vain, les démarches nécessaires, les activités de protestation à travers des marches, des conférences de presse, etc.
Las de toutes ces initiatives pour obtenir leurs droits, ils ont décidé, en 2000, d’attaquer l’État en justice. C’est ainsi que, successivement, le tribunal de travail et la Cour d’appel de Bamako ont enjoint en vain à l’Etat malien d’honorer ses engagements se trouvant dans l’Accord-cadre signé entre lui et la Banque mondiale. Un accord-cadre qui demeurait introuvable. Frustrés de cette attitude de l’État, ils l’ont assigné, le 20 décembre 2012, à la Cour de justice de la CEDEAO, sans succès.
Il a fallu attendre les autorités actuelles qui viennent de trouver une solution, en si peu de temps, à un problème qui a duré plus de trois décennies. Donc, on peut dire sans aucun risque de se tromper que la volonté politique n’y était pas du tout pendant cette longue période qui a vu des chefs de familles sombrer dans la déchéance ou mourir dans la désolation la plus totale.
A. Diallo
Source : Nouveau Réveil
