Le titre de mon article est emprunté à Jean-Luc Mélenchon, un Français bien averti dont les propos résonnent particulièrement quand on parle des journalistes et experts français face à la réalité africaine…


Il ne s’agit plus de simples erreurs de communication. Ce sont des signaux d’alerte, le journalisme occidental, en particulier français, semble s’être perdu dans un dédale d’approximation et de condescendance.

Quand une journaliste de LCI, dans l’émission  de David Pujadas, affirme sans correction que le Cameroun est en Afrique de l’Ouest, ou quand une autre prétend que «Bamako est à trois heures de vol de Paris» ( je vous évite d’autres sottises), on ne touche plus à la maladresse, mais à la défaillance d’un métier.

Le socle du journalisme: rigueur, culture générale, vérification  s’est effrité.
Pire encore, ces bourdes ne sont plus isolées.

Elles traduisent un malaise global, une liste interminable de pseudo «spécialistes de l’Afrique» sature les plateaux des grands médias hexagonaux, déclenchant tous le même refrain, des Africains «ingrats», un Sahel à sauver, la France seule bienfaitrice. Sans terrain, sans nuance, sans respect. Un récit périmé, paternaliste, infantilisant.

Aux imposteurs de l’information, aux « experts » sans terrain: arrêtez. À vous, médias français  reprenez vos fondamentaux. Car l’Afrique, elle, n’attend plus.

Et souvenez‑vous: seuls ceux qui regardent la lune voient l’horizon. Ceux qui fixent le doigt restent dans l’ombre.
Et que dire de l’institution française dans tout cela ? Elle n’a pas su retirer ses lunettes teintées de colonialisme.

Elle croyait pouvoir contrôler à vie le Sahel, ignorer les peuples et leurs aspirations. Résultat, elle découvre, abasourdie, que le Mali, le Burkina Faso, le Niger(l’AES) ne veulent plus être des pions. Le Sahel s’affirme, s’émancipe. Et la France, tremblante, réalise que ses rivages lui échappent.

Cette perte d’influence se traduit dans les médias, des experts recyclés, des analyses vides, des récits qui ne tiennent plus face à la réalité. Le terrain évoqué dans les studios… mais ignoré dans la voix.

Le Sahel n’est plus une arrière-cour. Il est un espace d’affirmation. Et ceux qui pensaient imposer un scénario digne de Kaboul se retrouvent à ravaler leurs propres crachats.

Oui ! le Mali n’est pas la Syrie. Abdourahaman Tiani ou  Ibrahim Traoré ne sont pas des marionnettes. Et non, Bamako n’est pas Paris‑Ouest à trois heures de vol. Le journaliste qui ne comprend pas cela ne fait pas de l’information, il répète une fiction.

Les peuples sahéliens avancent, dignes, déterminés. Nos armées luttent chaque jour dans l’ombre de la chaleur . Pendant ce temps, certains plateaux réécrivent des manuels d’ignorance. Ils cherchent encore à infantiliser l’Afrique. Le Poing

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