
Le journaliste a ce privilège rare : pouvoir se tromper sans trahir, car il peut toujours revenir avec un papier plus juste. C’est en assumant cette liberté que je livre ici un point de vue sincère, peut-être imparfait, mais animé par le souci de faire avancer la réflexion…
Il est très souvent ressassé ici en Afrique : «C’est Dieu qui lui a donné le pouvoir », « c’est lui le papa national », « le chef suprême», « le Président de la République».
Ces formules, propagées par des courtisans ou des opportunistes, ne renforcent pas une institution, elles l’enferment. Ce sont des titres qui peuvent paraître flatteurs, mais qui sont parfois plus démoniaques que divins, car ils finissent souvent par fragiliser un pouvoir.
L’hostilité à l’encontre de Ousmane Sonko dépasse largement sa lutte contre la corruption. Elle est profondément personnelle, nourrie par des intérêts puissants qu’il dérange.
Ceux investis de responsabilités cherchant à s’approprier les ressources publiques, qui voient en lui une entrave. Les membres de la coalition au pouvoir, dépendants des privilèges et gainés dans une hypocrisie précaire.
L’élite administrative et ‘une partie de la société civile corrompue, la bourgeoisie prédatrice qui prospèrent depuis des décennies aux dépens du peuple. Certains milieux religieux qui profitent de l’État et d’une classe politique corrompue.
Des personnalités qui ne supportent pas la popularité de Sonko, ou qui le perçoivent comme un frein à leurs ambitions.
Dans les médias, une autre dynamique joue, des “experts” et chroniqueurs qui ne survivent que grâce à un système corruptible s’emploient à maintenir un récit où Sonko apparaît comme un trouble‑fête.
Et ce scénario s’inscrit aussi dans une géopolitique plus large, des puissances étrangères affaiblies, des multinationales prédatrices, des réseaux mafieux transnationaux exploitent ce terrain fertile pour saboter toute souveraineté réelle.
«Las combinaciones contra él, como lo han hecho contra Mamadou Dia al momento de la independencia ».
Mais au cœur de cette conspiration, un élément demande une attention particulière : l’influence qu’elle tente d’exercer sur ceux qui furent proches de Sonko.
La relation avec Bassirou Diomaye Faye, aujourd’hui président, est l’un des nœuds de cette tension. Diomaye Faye, pour se disculper de tout soupçon, joue désormais sur un sentiment où il évoque la famille de Sonko, signe que certains ont déjà été séduits ou contraints par l’État profond.
Des paroles flatteuses surgissent :« Tu es le président de tous les Sénégalais, le timonier, le chef de l’armée ».
Sous ces louanges, se cachent des insinuations : « Il faut s’en débarrasser, il est arrogant, il aime trop le pouvoir. »
Or ce qu’il importe de rappeler, sans Sonko, il n’y aurait pas eu de victoire, pas de président Diomaye Faye porté par ce projet de changement. Sonko n’est pas un « pied cassé ».
Il est un acteur stratégique, loyal, résistant. Il n’a pas trahi. Il ressent les conspirations, mais il garde sa dignité. Il est ce pilier silencieux, capable de porter l’institution sans la détruire.
Le président Faye doit comprendre que sa légitimité ne se bâtit pas seulement sur un scrutin, mais sur les fondations d’un combat collectif.
Le respect des institutions ne va pas sans reconnaissance de ceux qui les ont rendues possibles. Ce n’est pas effacer un homme que de lui rappeler son rôle, c’est honorer une mémoire.
La vraie puissance ne vient pas uniquement du prestige, mais de l’humilité enracinée dans l’histoire.
Car garder un pouvoir par la flatterie, par l’élimination des alliés, par les manœuvres invisibles, c’est choisir l’usure. Wade l’a vécu. Macky l’a vécu. Faye doit en tirer les leçons.
Ce ne sont pas les éloges de plateau ni les sottises des “situationnistes” qui font un président, mais la vérité du peuple.
Nous avons eu la chance d’avoir raison tôt.
La vigilance nous oblige à observer que ce scénario se répète, ceux qui applaudissent aujourd’hui risquent de trahir demain. Voir certains sombrer dans ce malheur politique ne nous réjouit pas, cela nous rappelle que l’avenir d’un pays repose sur la clarté, la loyauté et l’action collective.
Le Sénégal ne peut pas se permettre une rupture inutile entre deux figures majeures.
Sonko n’est pas un obstacle, il est un allié, une garantie de continuité. Le tandem, s’il reste uni, restera un modèle pour l’Afrique. S’il se fissure, il deviendra un avertissement.
Que le président Faye reste à l’écoute. Que Sonko reste debout. Que les manœuvres des ombres ne prennent pas le pas sur l’histoire. Le peuple sénégalais mérite plus que des jeux d’ego : il mérite la grandeur d’un projet. Le Poing
