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À l’instar de la communauté internationale, le Mali a célébré la Journée internationale du diabète le 14 novembre dernier à travers tout le pays. Outre le thème mondial, «Diabète et bien-être», notre pays retient et maintient, selon ses propres réalités, une thématique particulière relative au «pied diabétique»…

En prélude aux différentes activités, entre autres le dépistage gratuit et les campagnes de sensibilisation sur le fléau, une conférence s’est tenue le mercredi 12 novembre 2025 dans la salle de conférence de la Direction générale de la Santé, à l’attention de la presse. Il s’agissait pour les intervenants d’expliquer ce qu’est le diabète, comment s’y comporter face, ainsi que les mesures préventives pour alléger le poids de la pandémie.

Avec une prévalence estimée à 3,7 % de la population malienne, le diabète se classe parmi les maladies déclarées « maladies de santé publique ». Selon M. Cissé, ce chiffre n’est pas définitif et prouve que plusieurs personnes, au-delà des données disponibles, vivent sans le savoir sous le seuil de cette maladie à déclaration obligatoire au Mali. Il soutient par ailleurs que des recherches appropriées sont en cours afin de déterminer le taux réel de prévalence du diabète dans le pays.

À en croire les différents intervenants, le diabète est mortel et, à bien des égards, incurable. Seul le changement des comportements peut vaincre cette maladie, affirme le Dr Bah, spécialiste en la matière, puisque les patients sont soumis à un traitement quotidien ou à des règles de vie strictes.

Selon les conférenciers, il existe deux types de diabète. Le premier résulte de la neutralisation du pancréas par certains anticorps, l’empêchant de jouer pleinement son rôle. Or, c’est grâce à la sécrétion d’insuline par cet organe que l’organisme parvient à bien assimiler les aliments. Lorsque le pancréas est détruit, la personne est atteinte du diabète de type 1 et doit automatiquement être soumise à des injections sous-cutanées d’insuline, un médicament pharmaceutique très coûteux.

Selon le Dr Ba Traoré, cette catégorie de diabète, qui touche 10 % des malades, n’a pas d’âge : elle peut affecter les nourrissons, les adultes comme les personnes âgées. Il déplore cependant que seule une ONG subventionne actuellement cette maladie. Des plaidoyers sont engagés afin que l’État malien subventionne également l’insuline. À en croire le Dr Traoré, le traitement du diabète est très coûteux et difficilement supportable : « Personne ne peut, à elle seule, supporter les frais de traitement du diabète. C’est une maladie douloureuse et souvent démoralisante. »
Le second type de diabète, indiquent les spécialistes, concerne 90 % des diabétiques et est le plus souvent provoqué par l’homme lui-même, notamment à travers les mauvaises habitudes : malbouffe, utilisation excessive d’huile et d’aliments gras entraînant l’obésité, surpoids, sédentarité… Tout cela pousse le pancréas à produire de l’insuline de manière excessive. Pour vaincre ce type de diabète, il suffit de changer de comportements et de pratiquer régulièrement du sport.

Le pied diabétique

Concernant le clou de l’événement, le Dr Bah Traoré a vivement alerté sur le « pied diabétique », une plaie provoquée par le diabète au niveau du pied. Il explique que, très souvent, la circulation sanguine est bloquée ou même détruite par la graisse.
La victime qui n’effectue pas de dépistage régulier ne se rend compte du problème que lorsque la plaie se manifeste à l’extérieur. C’est souvent au cours du traitement qu’elle découvre être diabétique. Le Dr Traoré s’indigne du fait que très souvent, trois malades sur quatre souffrant de pied diabétique sont amputés.
Pour réduire ce phénomène, le spécialiste conseille de bien prendre soin de ses pieds : les laver soigneusement, les oindre de beurre de karité et porter des chaussettes. Il recommande également le port de chaussures à la pointure exacte afin d’éviter les déformations du pied.

Soumana Touré Miguel

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