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Sans aucune assise populaire interne au Mali, les agitations politiques qu’enregistre la Transition, peuvent-elles inquiéter le pouvoir de Bamako ? L’on peut en douter…

 

On le dit souvent, « la nature à horreur du vide ». Mais, le gel en cours de l’activité politique au Mali peut-il inciter des acteurs du landernau à initier des mouvements politiques susceptibles de bousculer le leadership actuel des militaires, qui dirigent la Transition malienne ? Le doute est permis.

En effet, Dr Etienne Fakaba Sissoko, l’imam Mahmoud Dicko et certains cadres maliens de l’intérieur et de l’extérieur tentent de remuer le cocotier de la Transition à Bamako. Volonté de mettre la pression pour hâter la marche vers la normalité constitutionnelle ?

 

Dans le but d’attirer l’attention sur la prolongation indéfinie de la Transition au Mali, certains cadres sociopolitiques viennent de mettre sur pied un regroupement politique à l’extérieur du pays.

 

En effet, l’annonce de la création d’une certaine « Coalition des forces pour la République (CPR) », à la fin de la semaine dernière, a suscité quelques réflexions dans les cercles du pouvoir à Bamako.

Qui sont les initiateurs de ce mouvement politique hors des frontières du pays, alors que les autorités ont décidé, depuis le 13 mai 2025, de l’interdiction de toute activité politique ?

Quels sont les objectifs réels de cette coalition que dirigerait l’imam Mahmoud Dicko, en exil en Algérie ?

De quelles marges de manœuvre dispose cette structure politique, qui tend la main du dialogue avec les acteurs armés du Mali ?

Il faut d’abord souligner que le porte-parole de ce nouveau mouvement politique est loin de faire l’unanimité au sein de l’opinion publique malienne. Car l’économiste Etienne Fakaba Sissoko avait récemment tenu des propos qui ont heurté la conscience de la majorité de ses compatriotes.

Il annonçait dans une interview, sur une chaîne de télévision étrangère, « la chute de Bamako » sous la pression des groupes armés terroristes. Alors que les Bamakois vivaient tranquillement dans une simple pénurie de carburant.

Cette prise de position avait choqué plus d’un Malien, qui voyait en cette prise de position de l’économiste et ancien conseiller à la présidence sous IBK, un acte osé de haute trahison. Sans compter que le leadership de l’imam Mahmoud Dicko semble s’être émoussé, avec son accointance avec les groupes terroristes, qui ne cessent d’attaquer le Mali.

En outre, à ces deux facteurs, s’ajoute le fait que l’identité d’’aucun autre membre de cette CPR n’est dévoilée. Ce qui intrigue même au sein de la classe politique (dissoute).

Pour un ancien leader politique, « il n’y a pour le moment aucune visibilité sur cette coalition ». Ce qui interroge sur la qualité des membres annoncés vivant sur le territoire malien et qui seraient, pour la plupart, des anciens ministres.

Ce qui est sûr, c’est que cette nouvelle entité politique a très peu de chance d’entrainer un changement de la donne sociopolitique dans un Mali résolument engagé dans la transition en cours.

Même si la Transition malienne se prolonge avec de multiples défis, un activisme politique venant de l’extérieur et mené par des personnalités discréditées dans l’opinion, n’aboutira à rien de significatif.

L’on peut donc conclure que cette initiative de la CPR va faire effet de feu de paille, même si elle promet un dialogue avec les groupes rebelles. Ceux-ci mesurent certainement les chances de légitimité de cette agitation politique, susceptible de manipulation extérieure.

 

Boubou SIDIBE /maliweb.net

 

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