Prenant la parole au 9ᵉ Congrès panafricain organisé à Lomé les 8 et 9 décembre 2025, le Président togolais Faure Gnassingbé, président du Togo a souligné que le renouveau du panafricanisme constitue une nécessité stratégique, dans un contexte où le monde évolue, où l’ordre international se redessine et où de nouveaux pôles d’influence voient le jour…

 

Pour le Président Faure Gnassingbé, la période de profonde transformation que traverse le monde révèle une vérité incontournable : aucune nation africaine ne peut affronter seule l’immensité des défis actuels.

 

 

Qu’il s’agisse de l’injustice climatique, des crises sanitaires, des écarts technologiques ou de la compétition économique mondiale, l’unité est indispensable. Il affirme que le panafricanisme n’est pas qu’un simple concept, mais un impératif stratégique, une voie vers la souveraineté permettant aux Africains de décider collectivement de leur avenir à partir d’une vision commune, réaliste et ambitieuse.

 

Selon lui, le panafricanisme qu’il appelle de ses vœux n’a rien d’un slogan. C’est un panafricanisme concret, exigeant, ancré dans l’union des peuples, des cultures, des économies et des savoirs du continent. Un panafricanisme capable d’agir dans un monde qui, selon lui, n’attendra pas l’Afrique. À ses yeux, ce congrès doit rappeler une évidence : l’Afrique ne peut plus rester spectatrice. Divisée, elle demeure vulnérable ; unie, elle devient une force.

 

 

Le Président du Togo a souligné que la réforme du multilatéralisme est désormais indispensable. Selon lui, le monde ne peut plus être dirigé sans l’Afrique. Le système international actuel, élaboré à une époque où nos nations étaient encore sous domination coloniale et où nos peuples étaient exclus des décisions, ne correspond plus aux réalités d’aujourd’hui. Il est incompréhensible qu’un continent de 1,4 milliard d’habitants, représentant 28 % des États membres de l’Onu et bientôt un quart de l’humanité, ne dispose toujours pas d’un siège permanent au Conseil de sécurité. Ce n’est pas seulement une anomalie, c’est une véritable aberration. L’Afrique ne peut rester à l’écart des décisions qui façonnent la paix, la finance ou le commerce mondial.

 

Il a également insisté sur le fait que notre principal levier réside dans la mobilisation de nos propres ressources. Le développement du continent ne viendra pas de solutions importées, mais de nos richesses naturelles, de la créativité de notre jeunesse, de nos entreprises, de notre diaspora, de nos savoirs et de nos cultures. C’est cela, la souveraineté moderne : financer nous-mêmes nos priorités, transformer localement nos matières premières, moderniser nos systèmes alimentaires et sanitaires, et surtout investir massivement dans notre capital humain. La mise en valeur de nos connaissances endogènes, de nos traditions intellectuelles et de nos savoirs médicinaux doit irriguer tout notre système éducatif.

 

Une Afrique forte est une Afrique qui a confiance en son savoir, en ses capacités et en son identité. Avec une jeunesse parmi les plus dynamiques au monde, des terres vastes et fertiles, ainsi qu’une diaspora influente, nous avons les atouts nécessaires pour convertir ces potentiels en véritable puissance.

 

Ibrahima Ndiaye

Mali Tribune

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