
Pour marquer un nouveau tournant à la Transition, plus rassembleur et plus proche du consensus souhaitable, il semble que le président de la Transition pourrait user de son droit de grâce présidentielle, dans la perspective de la nouvelle année 2026…
Le contexte sociopolitique malien est aujourd’hui presque verrouillé. Alors que le pays est dans une phase de Transition. Et, constat récent d’un diplomate étranger, « plus le gel politique dure, plus résilients se montreront certains acteurs décidés de se faire entendre sur la gouvernance du pays ». Et cette résilience peut être nocive à la quiétude de la gouvernance de Transition. Ce qui peut générer une sorte d’activisme de la clandestinité. Cet activisme ne peut-il troubler le sommeil des hautes autorités, dans un contexte de militarisation poussée et de guerre contre le terrorisme ?. Mieux vaut donc travailler à décrisper la scène plutôt qu’à devoir la surveiller, comme du lait sur le feu, non ?
En effet, quand le peuple semble étouffé dans l’expression de ses opinions sur la gouvernance du pays, les militaires et des connexions civiles peuvent être traversés par des ambitions complotistes. Ils pourraient finir par se donner un zèle malsain de nature subversive. Comme peut-être le triste spectacle auquel le Bénin a failli assister le 7 décembre dernier… Ce qui pousse à penser à la mise en œuvre de tous les mécanismes souhaitables d’un retour au consensus, au retour des exilés, au retour des réfugiés et déplacés, etc. Bref, toutes les actions permettant au peuple de se retrouver, de s’accorder sur l’essentiel de la gestion des affaires publiques sont à examiner.
C’est dans ce sens, qu’à la question récente relative à la situation des exilés sociopolitiques, adressée à un expert de la gouvernance malienne, celui-ci plaidera pour le compromis. « Je pense qu’ils doivent prendre toutes leurs places dans le processus de dialogue, de pardon, de réconciliation et de paix, qui doit être urgemment amorcé »
C’est ce contexte qui incite certains analystes à entrevoir la possibilité pour le chef de la Transition malienne d’enclencher une étape d’ouverture…Ce qui pourrait se manifester dans les prochains jours.
En effet, si l’approche de la fin d’année offre l’opportunité d’annonce de décisions fortes à travers les messages de vœux de nouvel An, les observateurs rêvent de voir le Général d’Armée Assimi Goïta initier des actions majeures d’entente et de réconciliation. Cette idée se fonde sur l’orientation de “la main tendue” des hautes autorités, de sceller “l’union sacrée” autour de la Transition.
En effet, depuis la prise de l’initiative de l’adoption de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, sous la conduite du Doyen et grand commis de l’Etat, l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, l’on a senti une volonté des hautes autorités de la Transition, de conduire le pays vers une forme de décrispation. Il s’agit de mettre tout en œuvre pour une certaine convergence de vues, au sein des forces vives de la Nation, dans la gestion des affaires de la Cité. Cela peut-il pousser le chef de l’Etat à aller vers des décisions de grâce présidentielle? Trop tôt pour l’affirmer. Mais, il semble que pour davantage rassembler les Maliens, des mesures de pardon ou de remise de peine en faveur de certains détenus, ou même d’abandons de poursuites seront fortement appréciées.
En outre, un discours d’ouverture sera fortement catalyseur du processus de réconciliation et du vivre-ensemble national. Celui-ci devra être acté par des mesures législatives d’amnistie ou d’entente nationale.
Tout cela aidera la transition à redorer son blason, à se donner une certaine virginité, pour mieux affronter les défis de 2026. Ce qui aidera au retour au bercail de nombreuses personnalités, à la libération de certains anciens dirigeants du pays, en délicatesse avec la justice. Ne dit-on pas qu’aucun sacrifice n’est de trop si les intérêts du pays sont en jeu? Ce sera le moment aux hauts dirigeants de cette Transition de le démontrer. Ils créeront alors les conditions d’une phase de gouvernance moins tendue et plus concertée ou participative. Ce qui peut aider à baisser la pression ou l’hostilité étrangère contre le Mali en refondation.
Boubou SIDIBE
Source : maliweb.net
