
Nommé Directeur Général des Impôts au Mali en février 2025, Hamadou Fall Dianka s’est engagé dans la continuité tout en apportant de nouvelles initiatives, principalement axées sur la digitalisation pour booster les recettes. Sous sa direction, la DGI accélère la numérisation de ses services…

Une plateforme d’immatriculation en ligne et la généralisation du système d’information SIGTAS à l’échelle nationale sont prévues à court terme. La digitalisation de la gestion et de la vente des vignettes et timbres fiscaux, ainsi que le développement d’une application mobile pour les déclarations et paiements, figurent parmi ses priorités à moyen terme.
Ces initiatives visent à sécuriser les recettes de l’État et à faciliter l’atteinte des objectifs budgétaires, dans un contexte où la DGI a déjà réalisé 56,6 % des recettes de l’État en 2024.
Au Mali, la mobilisation des recettes fiscales est un défi majeur en temps de crise, aggravée par l’insécurité, l’instabilité politique, la forte économie informelle, la corruption, et la faible confiance citoyenne, malgré des redressements temporaires.
Les problèmes incluent des difficultés à collecter l’impôt auprès d’une population pauvre, des distorsions dues à la corruption (pots-de-vin) et l’évasion fiscale, ainsi qu’une forte dépendance à l’aide extérieure, rendant le pays vulnérable aux chocs et aux sanctions, et entravant les investissements publics et la souveraineté économique.
C’est dans ce contexte que l’actuel patron des recettes fiscales, Hamadou Fall DIANKA, est arrivé à la tête de la Directeur Général des Impôts au Mali. Dès son arrivée, l’Inspecteur des impôts de classe exceptionnelle a multiplié des initiatives, avec deux objectifs majeurs : la poursuite de la modernisation de l’administration fiscale et l’augmentation des recettes de l’État.
Un leadership avéré
En tout cas, sa nomination a été saluée par des organisations internationales comme le WATAF (West African Tax Administration Forum), qui y voit un leadership prometteur pour la fiscalité ouest-africaine. Il a également reçu des distinctions honorifiques pour son travail.
Selon son entourage, ces actions visent à doter le Mali d’une administration fiscale plus moderne, transparente et performante, pour faire face aux défis de la mobilisation des recettes dans le contexte de crise que connaît le pays.
En effet, la DGI a un objectif de 1387 milliards de FCFA pour 2025 après un record de 1318 milliards en 2024.
Un défi que l’ancien directeur des grandes entreprises (DGE) peut relever avec succès.
Ainsi sous son impulsion, la DGI réorganisé ses équipes et a vu le montant des recettes électroniques atteindre 300 milliards de FCFA en 2024, résultat dont il peut fièrement se glorifier, l’essentiel des recettes de la DGI venant de la Direction des grandes entreprises (DGE) qu’il dirigeait avant de prendre pied à la DGI.
La DGI qui a pour objectif de recouvrer 1387 milliards de F CFA sur l’année, aura mobilisé 596915 milliards de F CFA au premier semestre de 2025 soit 43,04% de son objectif.
Ce résultat semestriel représente une amélioration du recouvrement par rapport aux années 2023 et 2024 à la même période, malgré l’arrêt en fin 2024 des activités de certaines grandes entreprises, comme Barrick Gold dont les apports de recettes avaient manqué à l’appel.
Le retour en activité de Barrick à travers le protocole d’accord signé avec le gouvernement malien est un atout aux mains de la DGI pour faciliter l’atteintes des pour faciliter l’atteintes des objectifs.
En outre, la DGI entend étendre son assiette à la fiscalisation son assiette à la fiscalisation de l’économie informelle et agricole.
La digitalisation à la DGI touche un large éventail de services. Elle concerne d’abord la télédéclaration, qui couvre désormais tous les contribuables et l’ensemble des impôts du système fiscal malien, à l’exception de quelques impôts spontanés comme les droits d’enregistrement et les vignettes, explique Hamadou Fall DIANKA, dans une interview accordée au quotidien national Essor dans sa parution du mercredi 26 novembre 2025.
Selon le DG des impôts, la digitalisation intègre aussi annexes fiscales et liasses fiscales notamment pour l’impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux (IBIC) et l’impôt sur les sociétés (IS).
Le télépaiement est également opérationnel pour tous les contribuables des centres informatisés, qui peuvent régler leurs impôts et taxes par virements bancaires
En parallèle, la téléconsultation permet aux usagers, de suivre leur situation fiscale en ligne et d’imprimer des rapports.
La délivrance en ligne du quitus fiscal se fait désormais exclusivement par voie électronique, conformément à l’instruction du 10 mars 2023, selon Hamadou Fall DIANKA.
Quant à l’immatriculation fiscale, elle a commencé à être digitalisée, notamment avec l’intégration de la déclaration des bénéficiaires effectifs.
La DGE au cœur de toutes les attentions
Par ailleurs, pour une meilleure appropriation de sa méthode par l’ensemble de ses collaborateurs, le Directeur Général des impôts, Hamadou Fall DIANKA, accompagné par son adjoint, le secrétaire général du syndicat des impôts, Soungalo TRAORE et ses proches collaborateurs a effectué, du 10 au 11 novembre dernier, une visite dans différents centres des impôts du district.
« La DGE est un maillon important du dispositif. Les tendances sont appréciables pour avoir atteint aujourd’hui 74% grâce à l’engagement de son premier responsable à atteindre les objectifs.
À travers lui, la DGE s’est engagé à traduire en action concrète les recommandations issues de la réunion sur la mobilisation des recettes qui visait principalement l’atteinte des objectifs assignés à la Direction Générale des impôts par les plus hautes autorités.», a-t-il déclaré devant l’ensemble de ses différends collaborateurs.
Il a profité de l’occasion pour attirer l’attention de la hiérarchie sur une frange importante des sociétés contribuables à recouvrer.
La DGE est à votre disposition pour toutes recommandations et instructions permettant d’atteindre les objectifs, a-t-il renchéri.
Sans un long discours, le Directeur Général des impôts délivre trois messages clés de la part des plus hautes autorités du pays sous le leadership du Général du corps d’Armée Assimi Goita.
« Le ministre des Finances et de l’Economie Alhousseini Sanou nous a chargés de nous rendre dans les structures pour véhiculer le message des hautes autorités par rapport à la résilience du peuple, surtout celle de la mobilisation des ressources nécessaires pour atteinte des objectifs dont l’Etat a comme pilier essentiel des services des impôts », a-t-il lancé en substance, le patron des impôts, Hamadou Fall DIANKA,
Pour ce faire, a-t-il préconisé de mobiliser toutes les structures en vue d’atteindre l’objectif qui a été recommandé à la Direction Générale des impôts. C’est pourquoi, ajoute-t-il, il se tient à leurs côtés tout simplement pour l’atteinte des objectifs assignés par les hautes autorités.
« Le pays est à un tournant et personne ne peut nier les difficultés actuellement traversées. Pour cela, il a besoin de ressources et pour le nôtre, est principalement basé sur la mobilisation des recettes intérieures », a-t-il insisté.
Selon lui, la Direction des Grandes Entreprises occupe une place de choix et ce, faisant bon an ou mal an 84% des recettes fiscales.
Engagement des syndicats du secteur
Soungalo TRAORE a reconnu que des efforts consentis par les agents et apprécié à juste titre les félicitations de l’administration à travers le premier responsable.
« Nous sommes dans une situation où nous avons besoin du soutien de la Direction Générale. Certes, nous sommes un syndicat mais sous l’autorité de la direction, mais nous avons des moyens d’intervention aussi différents de ceux de la direction. Nous nous engageons à être à vos côtés partout où vous aurez besoin de notre soutien pour que vous puissiez être dans vos droits pour réaliser les objectifs assignés. Monsieur Mahamane Konaré, représentant du comité syndical, l’atteinte des objectifs aujourd’hui constitue notre priorité, comme elle en a été toujours » a-t-il rappelé.
Enfin, grâce à son engagement, plusieurs services internes sont développés pour les agents de la DGI et des efforts sont menés pour améliorer l’échange automatique d’information avec le trésor, les douanes, le budget ou encore la direction des marchés publics, explique-t-il.
Parmi les perspectives, la gestion et la vente des vignettes et timbres mobiles figurent également parmi les domaines ciblés pour une prochaine digitalisation.
A. OUATTARA
EchosMedias
