
Face à l’évolution de la stratégie des groupes armés terroristes, le Mali adapte son dispositif tactique. Ce vendredi 19 décembre, à la Base aérienne 101 de Sénou, le ministre de la Défense et des Anciens combattants, le général Sadio Camara, a procédé à la remise de l’étendard aux trois premiers Bataillons d’Intervention Rapide (BIR) de l’Armée malienne…
Dénommés « Ntchi », « Zanga » et « Yoro », ces nouveaux bataillons sont désormais opérationnels. Si leurs zones d’intervention n’ont pas été précisées, leurs missions, elles, sont clairement définies. « Ces Bataillons d’Intervention Rapide répondent à trois impératifs majeurs », a expliqué le Chef d’état-major général des Armées, le général Oumar Diarra, évoquant les défis de la mobilité, de la spécialisation et de la proximité. Leur objectif est de « renforcer le maillage du territoire par des unités intermédiaires afin d’assurer une traque permanente des groupes terroristes jusque dans leurs derniers retranchements ».
Affaiblis et désormais incapables de s’attaquer frontalement aux emprises militaires comme par le passé, les groupes armés terroristes ciblent aujourd’hui des infrastructures civiles et économiques, notamment les camions citernes et certaines unités industrielles. L’objectif est de semer la panique au sein des populations et, par ricochet, d’affaiblir l’autorité de l’État. Une stratégie jugée vaine par les autorités, qui rappellent que dans le combat pour la survie du Mali, chaque citoyen est engagé. Les opérateurs économiques et les chauffeurs de citernes, devenus des cibles privilégiées, en sont une illustration.
S’exprimant lors de la cérémonie, le ministre de la Défense a insisté sur la mobilisation collective contre le terrorisme. « Les médias à travers la lutte contre la désinformation, les populations de l’AES par le renseignement : c’est ensemble que nous viendrons définitivement à bout du terrorisme », a déclaré le général Sadio Camara. Il a également souligné que « les nouvelles unités s’intègrent pleinement dans le dispositif sécuritaire de l’AES, avec une interopérabilité déjà acquise avec la Force unifiée (FU-AES), du fait de formations et d’équipements similaires ».
Au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), le concept des Bataillons d’Intervention Rapide a vu le jour au Burkina Faso sous l’impulsion du capitaine Ibrahim Traoré. Ces unités se sont révélées efficaces dans un contexte de guerre asymétrique, où l’ennemi se confond avec les populations locales. Au Burkina Faso, leur nombre a connu une progression rapide, passant de six (6) en 2022 à vingt-huit (28) en janvier 2025.
Mamadou TOGOLA
Source : maliweb.net
