
Le procès dit de « l’affaire Paramount » s’est ouvert hier lundi à Bamako, devant la chambre criminelle de la Cour suprême du Mali. Sur les dix-huit accusés inculpés dans ce dossier, treize étaient présents à l’ouverture de cette première journée d’audience. Cette procédure judiciaire vise à faire toute la lumière sur la destination de près de 30 milliards de FCFA investis dans l’acquisition de 36 véhicules blindés de type Marauder. Mais, la première journée de ce procès a été marquée par l’absence des principaux accusés, tous sous le coup des mandats d’arrêts internationaux émis par la justice malienne…
Il s’agit de l’ancien Premier ministre et ministre de l’Économie et des Finances, Dr Boubou Cissé, des anciens ministres des Finances Mamadou Igor Diarra, et de la Défense Tiéman Hubert Coulibaly, ainsi que de l’ancien directeur général de la Banque malienne de solidarité (BMS), Babaly Bah. Dès l’ouverture du procès, leur absence a été officiellement constatée par la chambre criminelle, qui a immédiatement rejeté toute tentative de représentation par des avocats.
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En revanche, la défense des treize accusés présents à la barre a été acceptée par la juridiction.
Ce groupe comprend neuf officiers supérieurs de l’armée, dont plusieurs généraux. Certains étaient placés sous contrôle judiciaire, tandis que d’autres se trouvent en détention provisoire. Parmi eux figurent le général Moussa Bemba Keïta, ancien chef d’état-major général des armées et ex-ministre de la Sécurité, le général de brigade Moustapha Drabo, ancien directeur du Matériel, des Hydrocarbures et du Transport des armées, le colonel-major Nouhoum Dabitao, ex-directeur du Commissariat des armées, ainsi que le colonel Abdoul Wahab Touré, ancien directeur des Finances du ministère de la Défense. À ces officiers s’ajoutent plusieurs cadres financiers de l’administration malienne.
Tous les accusés sont poursuivis pour des faits qualifiés de « crimes de faux et usage de faux, atteinte aux biens publics et complicité de ces infractions », en lien avec le marché public dit « Paramount ». Ce marché, estimé à environ 30 milliards de FCFA, soit près de 60 millions de dollars, portait sur l’acquisition de véhicules blindés Marauder et d’autres équipements destinés aux Forces armées maliennes.
Selon les éléments du dossier, une part importante du matériel n’aurait jamais été livrée malgré les décaissements effectués, ce qui alimente les soupçons de malversations. Des sources proches du dossier estiment toutefois que la procédure de passation du marché s’est déroulée conformément aux règles en vigueur, mais que la livraison des équipements demeure partiellement inachevée depuis près d’une décennie.
À ce jour, les Forces armées maliennes n’auraient reçu que huit véhicules blindés Marauder sur les trente-six initialement commandés.
Siaka DIAMOUTENE
Source Maliweb.net
