Alors que les Aigles du Mali ont entamé leur campagne africaine au Maroc, une vive polémique enfle autour de la gestion du ministère de la Jeunesse et des Sports. Entre dépenses jugées somptuaires, doublons administratifs et absence criante de supporters officiels, la gestion de cette CAN interroge sur l’utilisation des deniers publics…

Depuis une semaine, l’actuel ministre de la Jeunesse et des Sports séjourne au Maroc. Un déplacement aux frais du contribuable malien qui passe mal, d’autant plus que l’utilité réelle de cette mission est remise en cause par de nombreux observateurs.

Beaucoup s’interrogent notamment sur la nécessité de déplacer une délégation ministérielle complète pour la remise du drapeau national au capitaine de l’équipe. « L’ambassadeur du Mali au Maroc, S.E. M. Fafré Camara, n’était-il pas habilité à accomplir ce geste symbolique ? », s’insurgent certains critiques, dénonçant un déploiement de moyens jugé « futile » et déconnecté des réalités économiques du pays.

Plus surprenant encore, le ministre semble avoir « marché sur les plates-bandes » des structures déjà en place. La Commission nationale d’organisation, dirigée par l’Honorable Mme Haïdara Aïssata Cissé (membre du CNT), avait pourtant déjà balisé le terrain en réunissant les faîtières et en fédérant les Maliens du Maroc autour de l’équipe nationale. En reprenant les mêmes activités, le ministère est accusé de faire de la « répétition budgétivore » sous couvert de pédagogie.

Le point le plus choquant de ce dossier concerne le soutien aux supporters. Alors que la Commission nationale a mobilisé plus de 200 millions de FCFA, le constat au stade est amer : les Aigles sont orphelins de leur « 12ème homme ».

À l’exception de quelques personnalités ayant les moyens de se déplacer par leurs propres soins, les véritables animateurs (supporters) n’ont pas été officiellement acheminés de Bamako au Maroc. Si les communautés maliennes résidant sur place tentent de donner de la voix, l’absence des groupes de supporters organisés se fait cruellement sentir à Casablanca.

Une question demeure sur toutes les lèvres : à quoi servent réellement les fonds de mobilisation ?

L’incompréhension s’étend également au territoire national. Pour pallier l’impossibilité de transporter les supporters, le ministère avait promis la création de Fan-zones à travers le pays pour permettre aux amoureux du ballon rond de vibrer ensemble. À ce jour, les Maliens se demandent encore où sont passées ces infrastructures éphémères.

Entre des Aigles délaissés en terre marocaine et des promesses de proximité non tenues à Bamako, la gestion de cette CAN 2025 par le département des Sports risque de laisser des traces bien après le coup de sifflet final.

 

Source : Malijet

 

 

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