Sous l’égide de l’Office National de la Santé de la Reproduction (ONASR), représenté par M. N’tji Keïta, l’ONG WaterAid a organisé le mardi 23 décembre 2025, une importante journée de plaidoyer dédiée à l’Association des Sages-femmes du Mali. Cette rencontre de haut niveau, qui a vu la participation notable de M. Ali Sow de WaterAid et de Mme Yalcoué Aoua Guindo, Présidente de ladite association, était centrée sur une thématique cruciale : l’implication directe des sages-femmes dans la priorisation de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement au sein des maternités…

L’objectif est clair : transformer les services de santé en environnements sûrs et dignes pour chaque accouchement.

Cette journée de plaidoyer dédiée à l’Association des Sages-femmes du Mali s’inscrit dans un programme d’envergure intitulé «Eau potable, Hygiène et Assainissement pour la Santé de la Femme». Bien que cette campagne ait été initiée à l’échelle internationale par WaterAid dès 2024, son ancrage national au Mali est plus récent, ayant été officiellement lancé en septembre 2025.

Son objectif global est de couvrir une période d’action intense s’étendant de 2025 à 2028, créant ainsi une feuille de route pluriannuelle pour transformer les services de maternité à travers le pays.

Cette journée d’échanges spécifique sert de catalyseur pour mobiliser les acteurs clés et renforcer leur engagement autour de cette thématique.

Selon Ali Sow, Directeur du Département Programme et Plaidoyer de WaterAid, le terme « WASH » (Water, Sanitation, and Hygiene) est au centre de la problématique. « De nombreuses structures sanitaires maliennes souffrent d’un manque criant d’accès à l’eau potable et à des installations sanitaires décentes« , a-t-il déclaré.

Pour lui, ce déficit n’est pas qu’une question de confort ; il s’agit d’un enjeu de survie.

En l’absence de ces services élémentaires, les risques sont multiples et graves :

Pour les patientes : Une augmentation dramatique des risques d’infections maternelles lors de l’accouchement.

Pour les nouveau-nés : Une vulnérabilité accrue aux infections néonatales dès les premiers instants de vie.

Pour le personnel soignant : Une exposition permanente des sages-femmes aux infections associées aux soins, faute de pouvoir appliquer les protocoles d’hygiène de base.

Il estime que le plaidoyer vise à :prioriser le WASH dans les politiques de santé publique et dans la gestion quotidienne des centres de santé ; réduire la mortalité et la morbidité par une hygiène rigoureuse ; mobiliser des ressources pour l’approvisionnement effectif des maternités en infrastructures d’eau potable et d’assainissement.

Il est à noter qu’un point particulièrement significatif de cette démarche est l’implication directe de l’Association des sages-femmes du Mali, représentée par sa présidente, Mme Yalcouyé Awa Guindo. Selon elle, cette collaboration marque une reconnaissance officielle de la place centrale qu’occupent les sages-femmes dans le système de santé. Pour ces professionnelles de terrain, l’accès à l’eau est l’outil de travail premier sans lequel l’excellence clinique ne peut être atteinte.

Elle a noté que, cette synergie entre les organismes de plaidoyer comme WaterAid et les praticiens de santé est présentée comme le levier indispensable pour garantir la sécurité et la dignité des femmes maliennes lors de la naissance.

A l’en croire : « de nombreuses structures sanitaires au Mali font face à des insuffisances majeures en matière d’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène (WASH), exposant les mères, les nouveau-nés et le personnel soignant, en particulier les sages-femmes, à des risques d’infections évitables« .

Prenant la parole le représentant de l’Office National de la Santé de la Reproduction (ONASR), M. N’tji Keïta a souligné que les sages-femmes constituent un pilier du système de santé maternelle, une reconnaissance de leur rôle central. Pour lui, elles sont une force stratégique pour influencer les politiques de santé, malgré les conditions précaires au Mali, où 57 % des structures manquent d’eau potable et de douches, rendant leur travail difficile et soulignant un appel à l’action pour améliorer leur soutien et leurs conditions de travail, comme le suggèrent l’UNFPA et l’OMS.

Les moments forts de cette journée de plaidoyer, dédiée aux sages-femmes maliennes ont été marqués par : des débats thématiques nourris, des partages d’expériences poignants et la diffusion de documentaires illustrant l’impact concret des infrastructures WASH installées par WaterAid dans les centres de santé ruraux du pays.

Aissetou CISSÉ 

EchosMedias

Previous post Paix et réconciliation nationale : La délicate équation des exilés forcés
Next post Approvisionnement en carburant : Un convoi massif de 680 citernes réceptionné à Bamako