Depuis peu, une mission du Bureau du Vérificateur général a pris ses quartiers au sein de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (Oclei) avec pour mission de passer au crible la gestion de l’ancien manitou Moumouni sur la période allant de 2021 à 2025…

 

Il s’agit d’une première dans l’exercice des autorités administratives indépendantes. Dans ce cas précis, il faut dire qu’il ne sera pas difficile pour le Végal de mettre à nu les grands écarts de Moumouni par rapport à la gestion de l’argent public dans une approche surréaliste : la constitution irréelle d’un cabinet qu’aucun texte n’a prévu, des voyages incompréhensibles, des frais de téléphone déjà compris dans les accessoires de salaire, des financements pour des études privées et autres !!!

 

 

M. Guindo avait même voulu s’offrir le bonheur de rouler dans une caisse blindée, une intention que les services du budget ont mis à l’écart heureusement. Ce n’est pas tout. A aucun moment, Moumouni n’a compris sa mission véritable qui était de sensibiliser, d’investiguer et de transmettre des dossiers à la justice. A ce jour, l’Oclei n’a fait qu’engloutir des milliards de F CFA du contribuable sans aucune valeur ajoutée sur l’assainissement des finances publiques.

 

Son engagement paraissait relever plus de l’acharnement contre des individus que pour la préservation de l’intérêt général. Son dernier haut fait d’arme fut d’avoir cumulé des chiffres absurdes de plusieurs années qu’il a eu l’outrecuidance de présenter comme un manque à gagner ! C’est pourquoi, malgré toutes ses tentatives, il n’a pu être reçu par le chef de l’Etat tant il était devenu encombrant. Et le Premier ministre, qui l’a reçu, a fait le service minimal. Pour l’heure, il faut juste constater que cette mission du Végal constitue un pas dans la bonne direction. Au nom de la lutte contre l’enrichissement illicite, il faut moraliser les comportements des agents publics. Les Bambaras ne disent-ils pas que le temps est long et que chaque chose a son temps ?

 

 

Wait and see !

 

El Hadj A.B. HAIDARA

 

 

Fin de mandat du président de l’OCLEI :

 

Qui pour auditer la gestion de Moumouni Guindo ?

 

Il serait intéressant, au regard des bruits de casseroles qu’on entend, de procéder à l’audit de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (Oclei) sur les 8 ans de Moumouni Guindo dont son mandat prend fin le samedi 31 mai 2025. Mais qui pour le faire ?

 

C’est la question principale qui est sur toutes les lèvres depuis quelques semaines.

 

C’est la saison du renouvellement des mandats de certaines autorités indépendantes censées appuyer les pouvoirs publics dans leur croisade contre la corruption et l’enrichissement illicite.

 

 

Après Samba Alhamdou Baby, Vérificateur général sortant, ce sera le tour du président de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite, Moumouni Guindo, de « raccrocher les crampons » ce 31 mai 2025 au terme de deux mandats de 4 ans chacun. Si le premier s’en va la tête haute avec des lauriers tressés par ses collaborateurs et les vivats des plus hautes autorités, le second est de nos jours au centre de la controverse et accusé de n’avoir rien réalisé de concret en 8 ans de présence à la tête de l’Office. Selon des sources bien informées, il s’est fendu d’une lettre au Premier ministre pour solliciter une rallonge de mandat de neuf mois, arguant d’un retard administratif lors de sa reconduction – un prétexte juridique aussi mince qu’une feuille de papier bible. Pendant ces neuf mois, il n’a jamais passé la main, et aujourd’hui, il exige que cette période soit consolidée en sa faveur. Hélas ! Et le Premier ministre aurait décliné cette demande, d’après les mêmes sources. Raison pour laquelle certains cadres concernés par cette fin de mandat ont déjà commencé à préparer leurs cartons afin de libérer les bureaux. C’est le cas de Djibril Kane, qui a démissionné à la tête du Fonds de solidarité au sein de l’Oclei. En tout cas, cette quête d’une rallonge de mandat incline à penser que Moumouni n’a véritablement pas comblé les espoirs escomptés lors de sa nomination à ce poste. « Sa demande ne serait qu’une tentative maladroite de colmater les brèches pour cacher des pratiques qu’un audit mettrait facilement à nu » estime notre source. Toujours est-il que plusieurs observateurs s’accordent pour dire que Guindo, au lieu de s’investir pleinement pour le rayonnement de l’Office, s’est contenté de « voyages de prestige » à des coût de millions de nos francs et de dépenses somptueuses à contre-courant des missions de l’Office, qui devrait participer à la moralisation de la vie publique en mettant à nu l’enrichissement illicite des agents publics et parapublics.

 

Et pourtant, il a été placé à la tête d’un organe censé promouvoir la transparence dans la gestion des biens publics et des avoirs des agents de l’Etat. Huit années durant, il n’a guère produit de résultats probants. Son dernier rapport annuel n’en était pas un car il a repris des données antérieures de trois ans pour faire du chiffre un buzz. Pis encore, dans ce poste qui exige coordination et esprit d’équipe, il a agi en « électron libre » d’après certains de ses collaborateurs. Aucun membre de son collège n’a été informé de ses démarches, car dans son esprit, ses collaborateurs ne sont que des obligés, de simples figurants dans une pièce dont il serait l’unique vedette. »Il avait l’occasion de marquer positivement l’histoire d’une institution qui devait creuser son sillon. Il aurait pu contribuer à assainir la gestion publique. Mais, il a préféré confondre mission d’Etat et quête personnelle de prestige. Va-t-il s’en tirer sans rendre des comptes ? » demande un visiteur des lieux.

 

 

Source : El Hadj A.B.HAIDARA (Aujourd’hui-Mali N°462 du vendredi 30 mai 2025)

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