
La Cour d’Appel de Bamako a confirmé, ce lundi 9 février 2026, la condamnation de l’ancien Premier ministre malien Moussa MARA à deux ans de prison, dont un an ferme et un an avec sursis…
« C’est de la déraison, de l’acharnement gratuit », réagit à chaud l’un des avocats de l’ex-Premier ministre du Mali Moussa MARA, qui précise d’emblée : « Il reste une voie de recours possible : nous allons nous pourvoir en cassation. »
Le collectif des avocats de Moussa Mara, conduit par Maître Mountaga Tall, estime qu’aucun élément ne vient étayer la commission d’aucun délit, et considère cette décision de justice comme une atteinte à la liberté d’expression.
Déjà emprisonné depuis plus de six mois, Moussa Mara devra donc encore en passer autant derrière les barreaux. À l’annonce du délibéré, selon des témoins présents dans la salle, l’ancien Premier ministre est resté…
«C’est le contraire qui l’aurait étonné», explique un camarade de l’ancien parti Yelema, aujourd’hui dissous, comme toutes les organisations politiques du pays.
«Il demeure serein et souhaite que le combat pour les libertés se poursuive», assure encore cette source.
«Il n’y a aucune surprise, abonde un autre proche de Moussa Mara, c’est un dossier politique».
La confirmation en appel de la condamnation de l’ancien premier ministre malien Moussa Mara, injustement condamné sur la base d’accusations sans fondement, est un affront à la justice, a déclaré Amnesty International aujourd’hui.
«Nous sommes consternés par la condamnation en appel de Monsieur Moussa Mara. Nous dénonçons le fait que les autorités maliennes utilisent depuis plusieurs années toutes les voies et moyens pour empêcher toutes les voix critiques d’exprimer leur opinion politique de manière publique sur la situation du pays», s’est-il exprimé Ousmane Diallo, chercheur à Amnesty International sur les droits humains au Sahel,
Pour lui, il est inconcevable qu’un citoyen malien puisse être empêché d’exprimer librement son opinion et soit condamné à une peine aussi lourde.
RAPPEL
Moussa Mara avait été condamné en première instance en octobre 2025 à deux ans de prison, dont un ferme, et à une amende de 500 000 francs CFA (762 euros), dont 1 franc symbolique à l’État malien.
Le 4 juillet 2025, Moussa MARA avait partagé un message sur X, rapportant avoir rendu visite à des personnalités politiques et de la société civile détenues.
Dans son tweet, il exprimait sa «solidarité indéfectible» avec ces détenus, les qualifiant de «détenus d’opinion» et s’engageait à se battre «par tous les moyens pour que (le soleil apparaisse)», qualifiant la répression actuelle contre les voix critiques de «nuit».
Les demandes de mise en liberté provisoire ont été rejetées tout au long de l’instruction.
A. OUATTARA
EchosMedias
