Les autorités nigérianes tirent la sonnette d’alarme face à des réseaux exploitant la vulnérabilité de jeunes Africains, attirés par de fausses promesses d’emplois, d’études ou de migration, avant d’être déployés sur des théâtres de guerre, notamment en Ukraine…

Le gouvernement fédéral du Nigeria a exprimé, dimanche, sa vive inquiétude face à la recrudescence de cas de recrutement illégal de ses citoyens dans des conflits armés à l’étranger, dénonçant des pratiques trompeuses qui exposent les victimes à de graves risques sécuritaires et juridiques.


Dans un communiqué parvenu à APA, le ministère des Affaires étrangères a indiqué que des enquêtes médiatiques et des rapports de sécurité font état de ressortissants nigérians recrutés sous de faux prétextes, notamment des promesses d’emplois bien rémunérés, de postes de sécurité, d’opportunités éducatives ou d’émigration facilitée.

Selon ces informations, plusieurs victimes ont été envoyées dans des zones de combat après avoir été contraintes de signer des contrats militaires rédigés dans des langues étrangères, souvent sans assistance juridique. Leurs documents de voyage auraient été confisqués à leur arrivée, tandis que des intermédiaires auraient facilité leur déplacement via des visas touristiques ou non militaires.


Cette mise en garde officielle rejoint les conclusions du rapport publié en février 2026 par l’organisation INPACT, intitulé « Le business du désespoir », qui documente l’ampleur du phénomène sur le continent africain. L’enquête y révèle qu’au moins 1 417 Africains ont été recrutés depuis 2023 pour combattre aux côtés des forces russes en Ukraine, souvent à la suite de campagnes ciblant des jeunes en quête d’opportunités économiques ou de mobilité internationale.

Le document souligne que les recruteurs utilisent des promesses de salaires élevés, de naturalisation accélérée ou de formation militaire d’élite pour attirer les candidats, avant de les envoyer rapidement au front, où plusieurs centaines auraient déjà trouvé la mort.

Face à cette situation, le gouvernement nigérian a averti que toute participation à des conflits armés étrangers en dehors de cadres approuvés constitue une violation des lois nationales et internationales sur le mercenariat et l’enrôlement à l’étranger.


Les autorités nigérianes ont indiqué travailler avec des partenaires nationaux et internationaux afin d’identifier les réseaux impliqués, renforcer la sensibilisation du public et prévenir ces pratiques. Les missions diplomatiques nigérianes ont également reçu instruction d’intensifier la vigilance consulaire et de fournir des conseils aux ressortissants à l’étranger.

Abuja insiste enfin sur le fait que tout citoyen qui s’engage dans de tels conflits le fait à ses propres risques, appelant la population à la prudence face aux offres suspectes circulant notamment sur les réseaux sociaux.

AC/APA

Source: https://fr.apanews.net/

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