«Les femmes sont disproportionnellement affectées par le VIH en raison de plusieurs facteurs liés aux inégalités de genre. Selon l’ONUSIDA, les femmes représentent 59% des nouvelles infections à VIH en Afrique subsaharienne. Dans une interview réalisée avec certaines personnes ressources vivant avec le VIH et responsables, notamment, Ousmane Traoré, chef du département de la planification, suivi-évaluation au niveau du Secrétariat Exécutif du Haut Conseil National de Lutte Contre le Sida au Mali, il ressort que les raisons pour lesquelles les femmes restent les plus vulnérables face au VIH sont multiples : notamment, les violences sexuelles, les mariages précoces et la dépendance économique. Selon les données statistiques, à l’échelle mondiale, 45% des nouvelles infections concernaient des femmes adultes et des filles. Chaque semaine, 4000 adolescents et jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans ont été nouvellement infectées par le VIH, dont 3 300 en Afrique»…


«Au Mali, cette réalité est tout aussi préoccupante. Selon les estimations issues du modèle Spectrum, 62,2% soit 111 127 des personnes vivant le VIH sont des femmes adultes, confirmant la féminisation persistance de l’épidémie. Ces chiffres rappellent que les inégalités de genre, l’accès limite à l’information, à la prévention, au dépistage, et aux services de santé continuent d’exposer les femmes et les mères de manière disproportionnée avec des conséquences directes sur la santé des familles et des communautés. Les violences sexuelles, y compris les viols et les agressions sexuelles, augmentent le risque de transmission du VIH chez les femmes. Car les violences sexuelles peuvent entraîner des lésions génitales, ce qui augmente le risque de transmission du VIH chez la femme. Les femmes qui ont subi des violences sexuelles sont également plus susceptibles de contracter le VIH en raison de leur incapacité à négocier l’utilisation de préservatifs ou à refuser des relations sexuelles non consensuelles. De plus, les femmes qui ont subi des violences sexuelles sont souvent stigmatisées et discriminées, ce qui les empêchent de chercher de l’aide et de se faire dépiste».


Les mariages précoces et forcés exposent les jeunes filles à des relations sexuelles non consensuelles et à un risque accru de transmission du VIH. Selon l’UNICEF, 1 fille sur 3 mariée avant l’âge de 18 ans est victime de violences conjugales.


Les mariages précoces sont souvent liés à la pauvreté et à la tradition, et les filles qui sont mariées précocement sont souvent privées de leur droit à l’éducation et à la santé reproductive.

Les jeunes filles qui sont mariées précocement sont également plus susceptibles de contracter le VIH en raison de leur incapacité à négocier l’utilisation de préservatifs ou à refuser des relations sexuelles non consensuelles.

Sur la question de la dépendance économique : un facteur de vulnérabilité, les femmes qui dépendent économiquement de leur partenaire sont souvent incapables de négocier l’utilisation de préservatifs ou de quitter une relation abusive, augmentant ainsi leur risque de transmission du VIH.

La dépendance économique peut également empêcher les femmes de chercher de l’aide et de se faire dépister, en raison de la peur de la violence ou de la perte de leur soutien économique.
Les femmes qui sont économiquement dépendantes sont également plus susceptibles de subir des violences conjugales, ce qui augmente leur risque de transmission du VIH.

Selon l’ONU, les femmes qui ont subi des violences conjugales sont 3 fois plus susceptibles de contracter le VIH que les femmes qui n’ont pas subi de violences.

Selon Ousmane Traoré, chef du département de la Planification, suivi-évaluation, «Il y a vraiment des actions qui devront être de plus en plus accentuées, alors la question de savoir pourquoi les femmes sont plus exposées à l’infection que les hommes ? parce que les femmes biologiquement sont plus exposés que les hommes au risque d’infection de toute nature comme les IST sexuellement transmissibles, car l’aspect physiologique, même du corps de la femme fait généralement que ces infections sont plus facilement propice, les femmes généralement sont plus exposées. Et sur l’aspect économique, on peut aussi voire aussi les questions de précarité aussi qui exposent les femmes davantage à des pratiques.

Aussi, les femmes aussi sont très exposées et du fait qu’il y a aussi nos pratiques culturelles, les coutumes, le mariage précoce qui fait que les femmes sont de plus exposées. Alors ce sont ces quelques aspects aussi accentuent le phénomène de la féminisation, c’est-à-dire surtout l’aspect économique l’aspect socio-culturel et l’aspect biologique physiologique. Ces aspects qui font que les femmes sont les plus en même d’être infecté plus rapidement que les hommes.

Pour ce faire, nous, au secrétariat Exécutif du Haut Conseil National de Lutte contre le Sida, nous développons des stratégies tout autour pour pouvoir mener des actions, à savoir la mobilisation communautaire auprès des femmes dans les CSCOM et CSREF. Aussi, la question de savoir pour ma part le manque de pouvoir de décision Freine un peu l’accès au service de santé« .

Selon Ousmane Traoré, «les questions de dépistage des femmes enceintes même peut parfois être gênant pour des femmes en situation de grossesse qui se présente dans les structures de santé et qui doivent avoir l’aval parfois de leur conjoint pour pouvoir se faire dépister. Quand même aujourd’hui on ne peut parler de la lutte contre le VIH sans parler de la place importante qu’occupe les communautés quand on connaît même la structure de nos services de santé.


En périphérie il y a les communautés déjà et au-delà de tout ça il y a beaucoup d’organisations de la société civile qui sont soutenus par au niveau international par le fond mondial et d’autres bailleurs pour pouvoir mener des actions de lutte contre le VIH. Au-delà de ça, il nous faut disposer des infrastructures pour les dépistages pour la prise en charge et même pour le suivi des patients et jouer un rôle crucial dans le suivi des patients, l’adhérence au traitement entre autres aussi et puis la mobilisation pour les différentes campagnes de dépistage« .

Au-delà de tout cela, le secrétaire exécutif du Haut Conseil soutient ces organisations de la civile en quelque sorte les mobiliser pour qu’ils puissent mener des campagnes de sensibilisation partout dans le pays à travers des petits projets, c’est ce que fait le secrétariat exécutif au-delà des actions de traitement de fournitures en intra entre autres.


Voyons sur ces données statistiques, Ce n’est pas seulement dans la tranche d’âge 15, 49 ans qui constitue plus de 31 % des nouvelles infections et sur ces lots on a environ 66% des nouvelles infections que constitue les jeunes filles, les adolescentes et les jeunes filles entre 15 et 24 ans. Voilà en somme, l’ampleur de la vulnérabilité des adolescentes et des jeunes femmes dû à plusieurs phénomènes que ça soit social, économique, culturelle, entre autres et même l’économique.


« Selon Marie Koné, présidente de la fédération Malienne des Associations des Personnes vivant avec le VIH (FEMAPVVIH), la vulnérabilité des femmes par rapport au VIH Sida est dû surtout à la discrimination et puis la stigmatisation parce que notre société porte des préjugées sur la personne vivant avec le VIH, aussi cela est dû au manque d’informations.

Une fois qu’une femme dévoile son statut à son mari ou à la famille où elle est mariée, elle est carrément discriminée parce qu’on pense à des préjugées. En d’autres termes, la précarité, le viol et la dépendance économique sont des facteurs aggravant.

On peut vivre avec le VIH et avoir des enfants sains qui n’ont pas le VIH se marier faire tout comme des personnes normales a-t-elle souligné. Elle sollicite des actions d’informations et de sensibilisations auprès des communautés sur la transmission du VIH/Sida et a indiqué, le Secrétariat Exécutif du Haut Conseil National de Lutte contre le Sida au Mali, premier partenaire stratégique soutient les associations dans le cadre de leurs activités».

Selon Oumou D Diarra, directrice exécutive du Réseau Malien des personnes vivant le VIH(RMAP+), «les facteurs d’inégalités de genres sont que les femmes restent les plus vulnérable face au VIH est dû à la constitution biologique et physiologique de la femme, cela aussi, la femme est réceptive au virus et IST, surtout les rapports sexuels violent et douloureux et non protégé sont des facteurs de transmission, aussi l’excision, la polygamie avec une personne qui porte les germes du VIH, le viol et la précarité. Pour la directrice exécutive du RMAP+, certains partenaires techniques et financiers et organisations, notamment le Secrétariat exécutif du Haut Conseil National de Lutte contre le Sida (HCNLS) soutient les actions et les activités pendant le mois de décembre. Notre rôle est de mener la sensibilisation au sein des communautés. Elle lance un appel aux plus autorités et aux partenaires pour soutenir les efforts du Haut Conseil National de Lutte Contre le Sida afin d’atteindre les objectifs fixés d’élimination du Sida dans le monde».


«Selon le témoignage de Abdoulaye Banou dit professeur Socrate, personne ressource au Réseau Malien des Personnes Vivant avec le VIH, pour lui les facteurs liés à l’inégalité de genre des femmes face au VIH sont entre autres, la constitution physiologique et biologique de la femme qui font que la femme est plus réceptive aux infections sexuellement transmissibles, les relations non protégées, et la transmission mère-enfant, pendant l’accouchement et l’allaitement. Les actions du Haut Conseil National de Lutte contre le Sida sont entre autres : Sensibilisation et éducation, organiser des campagnes CNES et des programmes de formation pour informer le public sur les risques liés au VIH/SIDA, encourager les comportements préventifs et réduire la stigmatisation associée à la maladie. Abdoulaye Banou, Professeur Socrate a indiqué, le HCNLS fournit un soutien aux PVVIH, notamment en termes d’accès aux traitements antirétroviraux (ARV) et de conseils psychologiques».

Le HCNLS travaille avec les organisations de la société civile pour atteindre les populations les plus vulnérables et promouvoir la prévention et la prise en charge du VIH/SIDA.

Le HCNLS organise des événements pour célébrer la Journée mondiale de lutte contre le SIDA, qui est l’occasion de sensibiliser le public sur les questions liées au VIH/SIDA et de promouvoir les droits des PVVIH.

Le HCNLS recherche des fonds pour soutenir les efforts de lutte contre le VIH/SIDA au Mali, notamment avec l’aide du Fonds mondial. Selon les données, plus de 26 000 personnes vivant avec le VIH sont sous traitement ARV au Mali, avec un taux de couverture de 87%.

Il est important de noter que le HCNLS travaille en collaboration avec les partenaires internationaux, tels que l’ONU et les États-Unis, pour soutenir les efforts de lutte contre le VIH/SIDA au Mali.

En d’autres, les femmes sont disproportionnellement affectées par le VIH en raison de plusieurs facteurs liés aux inégalités de genre, notamment les violences sexuelles, les mariages précoces et la dépendance économique. Il est essentiel de lutter contre ces inégalités et de promouvoir l’autonomisation des femmes pour réduire la vulnérabilité des femmes face au VIH.


Alassane H CISSÉ

EchosMedias

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