
Face à l’urgence climatique, la réponse s’organise sur le terrain au Mali. L’article 15 de la Constitution malienne est clair : protéger l’environnement est indispensable pour faire reculer la désertification, la faim et la pauvreté. C’est exactement dans cette optique que l’association Dèmè Waati Bè a réuni ses équipes le samedi 15 août 2026 à son siège à Bamako…
Au programme : un atelier pratique pour s’initier à l’éducation environnementale et mieux agir au quotidien.

Pour l’association, qui déploie déjà ses membres et son personnel dans plusieurs localités partenaires, cette session de formation était essentielle pour renforcer les compétences de chacun. Preuve de l’importance cruciale du sujet, la clôture de l’événement s’est déroulée en présence de M. Djakariya Yossi, représentant le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable.
Comprendre la nature pour mieux la protéger

Animée par le Dr Al Assane Sanogo, la formation a permis de décortiquer des notions clés de manière simple et accessible. Pour le formateur, l’éducation ne s’arrête pas aux bancs de l’école : elle sert à transmettre des valeurs d’une génération à l’autre, à faire grandir l’humain et à le rendre autonome. Quant à l’environnement, il s’agit tout simplement de ce qui nous entoure – la nature, notre culture, notre société – et qui soutient la vie.
Aujourd’hui, avec le dérèglement des pluies et la multiplication des catastrophes, chacun doit comprendre l’impact de ses gestes. Le président de l’association, Djibril Bagayogo, a profité de l’occasion pour lancer un appel vibrant : pour bâtir un «Mali nouveau», un véritable changement de comportement s’impose. Selon lui, il n’y a pas de petite action et tout le monde peut apporter sa pierre à l’édifice. Au nom de la jeunesse de Kodabougou (Commune III), il a chaleureusement remercié le ministère de tutelle pour son écoute et ses efforts constants.
Loi et citoyenneté : le double levier de la transition

L’atelier a également été marqué par l’intervention d’un professeur en droit environnemental, venu rappeler l’urgence de protéger le fleuve Niger, dont la profondeur est dramatiquement passée de 20 à 8 mètres à cause de l’ensablement et du dragage intensif. Face à ce péril, le ministère de l’Environnement a durci le ton en instaurant un code de l’eau, des lois strictes et une brigade spécialisée, tout en amorçant une transition énergétique via la construction de centrales solaires. Ces réformes bénéficient de l’appui technique de la Société malienne du droit de l’environnement, qui valorise la recherche universitaire.
Cependant, le juriste a insisté sur le fait que les lois restent vaines sans responsabilité citoyenne. Les déchets jetés à terre obstruent les collecteurs et finissent par polluer le fleuve, notre ressource majeure en eau potable.
Refuser un plastique ou ramasser un bidon devient alors un acte vital de santé publique. Pour ancrer durablement ces réflexes, il appelle à une éducation environnementale impérieuse, combinant larges campagnes de sensibilisation et intégration de programmes écologiques officiels dans les écoles.
Des poubelles et des actes : le changement concret à Badialan 3
Chez Dèmè Waati Bè, la sensibilisation passe par des solutions concrètes plutôt que par des interdits. Cette approche positive porte déjà ses fruits à Badialan Kodabougou (Badialan 3). Le collecteur d’eau du quartier, qui servait autrefois de dépotoir sauvage, est aujourd’hui nettoyé, protégé et surveillé par les habitants eux-mêmes.
Pour marquer le coup et pérenniser cette dynamique, la journée s’est terminée par un geste fort : une remise de poubelles aux familles du quartier pour faciliter la gestion des déchets à la source.
Entièrement financé sur fonds propres par l’association, ce matériel a été distribué par M. Yossi. Le représentant du ministre a salué cet engagement citoyen exemplaire et a promis que l’État continuerait d’accompagner l’association dans ses projets futurs.
Ému et fier, le représentant des autorités traditionnelles, Gaoussou Sidibé, a résumé le sentiment général : «C’est une fierté de voir ces jeunes prendre la relève. Ils se sont inspirés des décisions de nos plus hautes autorités pour gérer les ordures au plus près des familles, ce qui va aider notre développement local. Un grand merci à l’association, et nous prions pour que d’autres belles actions suivent.»
Aissetou CISSÉ
EchosMedias
