Le premier Forum Panafricain des Médias (FOPAME) s’est achevé en apothéose à Bamako. Face aux défis de l’intelligence artificielle, de la guerre de l’information et de la désinformation, l’Afrique a scellé une alliance historique à travers «L’Appel de Bamako» pour reprendre le contrôle de son propre récit. Pendant quatre jours, Bamako a vibré au rythme de la pensée médiatique continentale…

Clôturant cette première édition historique, le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’administration, Alhamdou Ag Ilyène, a posé un diagnostic sans concession : l’Afrique doit impérativement maîtriser son espace informationnel pour exister sur la scène mondiale.


Faisant écho à la question cruciale posée à l’ouverture par le Premier ministre (« Qui parle de l’Afrique ? »), le ministre a résumé la réponse unanime des participants : «L’Afrique ne peut plus être seulement un sujet d’information ; elle doit être un acteur de l’information. […] Un peuple qui ne maîtrise pas son récit finit par percevoir sa propre réalité à travers les yeux des autres.»


La guerre de l’information à l’ère des réseaux et de l’IA


Le ministre a rappelé que l’essor des plateformes numériques et de l’intelligence artificielle a déplacé les lignes de front. Les conflits modernes se jouent désormais autant dans les esprits et sur les écrans que sur le terrain. Face aux cyber-menaces et aux rumeurs qui menacent la cohésion sociale et la stabilité des États, les médias africains sont appelés à devenir de véritables «remparts de vérité».


Dans ce contexte géopolitique tendu, un hommage appuyé a été rendu aux professionnels des médias qui opèrent dans les zones de crise, notamment ceux de l’Alliance des États du Sahel (AES), qualifiés de journalistes «forgés dans le dur» pour faire éclater la vérité.


Les deux actes historiques de Bamako


Pour donner corps à cette ambition, le FOPAME 2026 a accouché de deux livrables majeurs qui redessinent la carte médiatique du continent. L’Appel de Bamako, plus qu’un simple manifeste, ce texte est une charte d’engagement pour une information libre, professionnelle, responsable et respectueuse des intérêts africains. Selon le ministre, cet outil «restera une référence majeure pour les générations futures de journalistes africains».


Le Réseau panafricain des radios de proximité : Une initiative saluée avec émotion. Parlant les langues locales et ancrées dans le quotidien, ces radios constituent la première ligne de défense contre les fake news. Ce réseau permettra de mutualiser les contenus de milliers de stations à travers l’Afrique.

Une solidarité continentale célébrée


Le succès de cette édition repose également sur une forte synergie organisationnelle portée par la Maison de la Presse du Mali et son président, Bandiougou Danté. Le ministre a chaleureusement remercié le Royaume du Maroc, pays invité d’honneur, dont la délégation de haut niveau a enrichi les débats par son expertise.


En fermant les portes du forum, Alhamdou Ag Ilyène a invité les délégués à transformer les résolutions en actions concrètes : « L’Afrique n’est pas condamnée à être racontée par les autres. Elle peut, elle doit et elle saura raconter elle-même son histoire. » Le message de Bamako est clair : l’émancipation de l’Afrique passera par ses propres mots.

B.M.C

EchosMedias

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