Malgré une accalmie relative sur les cours mondiaux du pétrole, le Mali fait face à des goulots d’étranglement logistiques pour sécuriser son approvisionnement énergétique. Entre routes dégradées et blocages de convois, le ministre de l’Industrie et du Commerce tape du poing sur la table…

UN CONTEXTE INTERNATIONAL FAVORABLE, MAIS…

Ce jeudi, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a présidé la 26ᵉ réunion de suivi de l’approvisionnement du Mali en hydrocarbures. Autour de la table : les services techniques de l’État et les grands acteurs du secteur pétrolier privé.

Au niveau mondial, les clignotants passent pourtant au vert. Les participants ont salué une détente progressive des cours du brut, portée par une baisse des tensions au Moyen-Orient et la réouverture totale du détroit d’Ormuz, voie respiratoire du commerce pétrolier mondial.
Cependant, sur le terrain malien, la réalité est tout autre.

ALERTE SUR LA LOGISTIQUE : Aucun convoi depuis le 19 juin

Derrière l’optimisme des marchés internationaux se cache une équation logistique complexe. Les opérateurs économiques ont tiré la sonnette d’alarme sur plusieurs points critiques :
Le point mort des convois : Aucun nouvel approvisionnement n’a été enregistré depuis le 19 juin.

DES LIVRAISONS EN SOUFFRANCE : Un volume important de commandes reste bloqué en amont.

Le calvaire des routes : La dégradation avancée du réseau routier ralentit considérablement la cadence des camions-citernes vers les dépôts nationaux.

L’état des stocks en chiffres (Période du 15 au 21 juin 2026) :

655 citernes réceptionnées (soit environ 29,8 millions de litres).

Détail du dernier convoi (19 juin) : 264 citernes d’essence, 337 de gasoil, 47 de fuel et 6 de gaz butane.

Taux de ravitaillement global : Estimé à seulement 27 % des objectifs.

Le plan de riposte de l’exécutif

Face à ce taux de ravitaillement critique de 27 %, le gouvernement refuse de céder à la fatalité et active son plan d’urgence. Deux leviers majeurs ont été actés lors de cette rencontre :

1. LA DIVERSIFICATION DES ROUTES de L’OR NOIR

Pour ne plus dépendre des seuls corridors traditionnels et contourner les infrastructures défaillantes, le Mali va accélérer la diversification de ses sources et voies d’approvisionnement.

2. UNE MISSION COMMANDO À ABIDJAN

Une délégation mixte, composée de techniciens de l’État et d’opérateurs privés, va être déployée d’urgence à Abidjan (Côte d’Ivoire). Objectif clair : lever les barrières administratives et logistiques pour fluidifier les livraisons en attente.

VIGILANCE MAXIMALE

En clôture de session, le ministre Moussa Alassane Diallo a tenu à rassurer l’opinion publique tout en maintenant la pression sur ses équipes. Le gouvernement suit la situation « heure par heure » et s’engage à déployer tous les moyens nécessaires pour éviter toute pénurie à la pompe et garantir la continuité énergétique sur l’ensemble du territoire national.
Bakary M COULIBALY
EchosMedias

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