Le président américain ne «veut plus entendre parler de l’Espagne» après le refus de Madrid de laisser les États-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l’Iran et des dépenses militaires espagnoles qu’il juge insuffisantes. Nouvelle attaque verbale de Donald Trump. Le président américain a menacé mardi de «cesser tout commerce avec l’Espagne», lui reprochant son refus de laisser les États-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l’Iran et ses dépenses militaires qu’il juge insuffisantes…

S’exprimant devant la presse lors d’une rencontre avec le chancelier allemand Friedrich Merz, le président américain a accusé Madrid d’avoir été «lamentable». «L’Espagne a été lamentable», a-t-il répété, ajoutant avoir demandé au secrétaire au Trésor, Scott Bessent, de «cesser toute relation» avec le pays. Il a poursuivi : «Nous allons couper tout commerce avec l’Espagne. Nous ne voulons plus rien avoir à faire avec l’Espagne.»

Menaçant le pays européen d’un «embargo», Donald Trump a également affirmé : «J’ai le droit d’arrêter tout ce qui concerne l’Espagne, et nous pourrions le faire avec l’Espagne.» Relancé par les journalistes présents dans le bureau ovale, le milliardaire américain a encore estimé que «l’Espagne a été très peu coopérative, et le Royaume-Uni aussi». «C’est le seul pays de l’Otan qui n’a pas accepté de consacrer 5%» de son PIB à des dépenses en matière de Défense, comme le veut le nouvel objectif de l’Otan poussé par Washington, a-t-il aussi rappelé.

Ces déclarations interviennent après la relocalisation par les États-Unis de quinze avions, dont des appareils de ravitaillement en vol, stationnés sur les bases militaires de Rota et Morón, dans le sud de l’Espagne. Le gouvernement socialiste espagnol a refusé que ces installations soient utilisées pour des opérations visant l’Iran. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a expliqué que l’Espagne ne permettrait pas l’utilisation de ses bases militaires, dans la mesure où l’offensive envisagée ne relevait ni de l’accord bilatéral avec les États-Unis ni du cadre de la Charte de l’ONU.

Relations tendues
Dans une conférence de presse donnée plus tôt dans la journée, José Manuel Albares a déclaré n’avoir «eu aucune conversation avec aucun représentant nord-américain, ni aucune demande» au sujet des bases militaires de Rota et Moron. «Nous n’avons reçu aucune plainte», a-t-il insisté. «Les bases que nous utilisons conjointement avec les États-Unis sont des bases sous souveraineté espagnole», a rappelé le ministre. «Et c’est dans le cadre de notre souveraineté et du traité signé avec les États-Unis qu’elles peuvent être utilisées.»

Les relations entre Madrid et Washington sont déjà tendues sur plusieurs dossiers, notamment la migration et la question des dépenses militaires. L’Espagne refuse également de s’engager à porter ses dépenses de défense à 5 % de son produit intérieur brut, comme le souhaitent les États-Unis et comme l’ont fait la plupart des autres pays européens.

En réponse aux critiques du chef d’État américain, le chancelier allemand Friedrich Merz, présent à ses côtés dans le bureau ovale, a assuré qu’il: «essayait de convaincre l’Espagne d’adhérer à l’objectif de 5 % de dépenses de défense». Le premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, figure parmi les derniers dirigeants de gauche en Europe. Il avait auparavant refusé que des navires transportant des armes à destination d’Israël accostent dans des ports espagnols.

Le mois dernier, il a également annoncé son intention de poursuivre individuellement les propriétaires de plateformes de réseaux sociaux, dont certains Américains influents, pour des contenus jugés toxiques. Dans une tribune publiée dans le New York Times, il avait enfin accusé les «dirigeants de style MAGA» de tromper l’opinion publique sur les prétendus dangers de la migration.


Source : Le Figaro

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