Gestion opaque, tarifs préférentiels injustifiés sur les tests COVID-19 et manquements administratifs en série : le rapport de vérification financière du Bureau du Vérificateur Général (BVG) dresse un bilan accablant de l’Institut national de santé publique (INSP) pour la période 2022-2025. Au total, le préjudice pour le Trésor public s’élève à 425 087 874 FCFA. Un dossier a officiellement été transmis à la justice financière…

Près de 415 millions de FCFA volés au fil des tests COVID-19

C’est le clou de ce rapport d’audit : la gestion des redevances issues des tests COVID-19 imposés aux voyageurs. Selon les investigations du BVG, l’application de tarifs réduits s’est faite en violation des règles en vigueur, sans exiger systématiquement les pièces justificatives requises.


Appliquée à des milliers de transactions sur l’ensemble de la période contrôlée, cette légèreté procédurale a provoqué un manque à gagner colossal pour l’État, chiffré à 414 625 000 FCFA, soit la quasi-totalité du manquement financier global.

Marchés publics et comptabilité : la chaîne des défaillances


Au-delà du scandale des tests de dépistage, le rapport d’audit met en lumière une série de dérives comptables et budgétaires au sein de l’établissement public. Non-application des pénalités de retard, un marché exécuté hors des délais réglementaires a été soldé sans qu’aucune pénalité financière ne soit prélevée auprès du prestataire.

Imputations budgétaires incorrectes : Plusieurs opérations financières ont été comptabilisées en violation des règles d’affectation des dépenses publiques.

Manquements administratifs et matériels, Le BVG note un non-respect flagrant des délais de passation des marchés, une mauvaise tenue des registres légaux ainsi qu’une absence totale de comptabilité-matières, rendant opaque le suivi du patrimoine de l’institut.

Une gouvernance fragilisée et des réformes attendues

Face à ces constats qui témoignent d’une gouvernance institutionnelle fortement dégradée, le Vérificateur Général a transmis l’ensemble du dossier aux autorités judiciaires compétentes afin d’engager les poursuites administratives et pénales requises.

Le BVG exhorte par ailleurs la direction de l’INSP à engager immédiatement des réformes structurelles profondes pour assainir sa gestion financière, rétablir la rigueur dans l’attribution des marchés publics et sécuriser le recouvrement des recettes publiques.

Rédaction EchosMedias

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