
La Confédération des États du Sahel (AES) et la Fédération de Russie passent à la vitesse supérieure. À l’issue de la deuxième session des consultations ministérielles qui s’est tenue ce mercredi dans la capitale nigérienne, les deux blocs ont scellé un renforcement historique de leur partenariat stratégique…
Cette rencontre de haut niveau a réuni les chefs de la diplomatie du Burkina Faso (Karamoko Jean Marie Traoré), du Mali (Abdoulaye Diop) et du Niger (Bakary Yaou Sangaré), face à leur homologue russe, Sergueï Lavrov. Un signal fort qui concrétise les ambitions affichées lors de la première session à Moscou en avril 2025.
1. Sécurité : Moscou muscle son soutien à la Force unifiée (FU-AES)
Face à la menace terroriste qui pèse sur la région sahélienne, l’alliance militaire entre l’AES et la Russie s’intensifie.
Soutien opérationnel accru : Le Kremlin s’est engagé à booster les capacités techniques et tactiques des armées nationales, mais surtout celles de la toute nouvelle Force unifiée de la Confédération (FU-AES).
Front commun contre le terrorisme : Condamnant fermement les récentes attaques dans l’espace sahélien, les quatre ministres ont réaffirmé leur détermination à éradiquer les groupes armés terroristes par une coopération militaire directe.
2. Géopolitique : Un front uni contre le «néocolonialisme»
Sur le plan diplomatique, Niamey et Moscou ont affiché une convergence de vues totale, calée sur la vision d’un monde multipolaire.
«Les deux parties ont réaffirmé leur attachement à un partenariat fondé sur le respect mutuel, l’égalité souveraine des États et la non-ingérence.» – Extrait du communiqué conjoint.
Le bloc AES-Russie entend désormais faire bloc au sein des Nations unies pour :
Promouvoir un ordre mondial plus équitable.
Combattre activement les influences dites néocoloniales.
Dénoncer et contrer les mesures coercitives unilatérales (sanctions internationales) imposées à certains États souverains.
Renforcer la coopération en matière judiciaire pour traquer les réseaux criminels et de déstabilisation.
3. Économie : Le levier de la BCID-AES
L’intégration économique n’a pas été en reste. L’AES veut s’affranchir des tutelles financières traditionnelles et compte sur l’expertise russe pour structurer ses ambitions. Les discussions ont convergé vers le développement de projets d’infrastructures majeurs, qui seront notamment portés par la future Banque confédérale pour l’Investissement et le Développement (BCID-AES). Ce levier financier sera le moteur de l’intégration économique et sociale de l’espace sahélien.
Cap sur 2027 : Un cadre diplomatique permanent
Le point d’orgue de cette session de Niamey reste la signature d’un Mémorandum de consultations entre les ministères des Affaires étrangères de l’AES et de la Russie.
En ancrant leur coopération dans la durée, l’AES et la Russie envoient un message clair aux puissances occidentales : le remodelage géopolitique du Sahel est en marche, et il s’opère désormais au rythme des décisions prises entre Niamey, Bamako, Ouagadougou et Moscou.
B.M COULIBALY
EchosMedias
