À l’ouverture de la 2ᵉ édition du Forum international de la diaspora (FID), le gouvernement malien affiche une ambition claire : transformer l’épargne de ses expatriés en levier d’investissement productif et structurel…


Ce jeudi, la capitale malienne est devenue le point de ralliement d’une force économique souvent sous-estimée mais cruciale : sa diaspora. Présidée par le Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, l’ouverture de la deuxième édition du Forum international de la diaspora (FID) marque un tournant.

Sous le thème central «Diaspora malienne et investissements productifs», l’événement ambitionne de réorienter les flux financiers des Maliens de l’extérieur vers des secteurs clés du développement durable.

AU-DELÀ DES TRANSFERTS DE FONDS : CAP VERS L’INVESTISSEMENT PRODUCTIF


Avec près de six millions de Maliens établis à l’étranger, la diaspora constitue une véritable puissance financière. Cependant, si l’aide familiale (santé, éducation, consommation courante) a longtemps dominé ces flux financiers, le défi actuel est de taille, canaliser cette épargne vers l’économie réelle.

Le forum, qui se tient sur trois jours, vise précisément à structurer cette transition à travers trois axes clés, l’investissement productif : Orienter les capitaux vers les infrastructures, l’agro-industrie et les énergies renouvelables.

Le transfert de compétences : Capter le savoir-faire des cadres, ingénieurs et entrepreneurs de la diaspora (le « brain gain »). Les partenariats public-privé : Faciliter les co-investissements pour des projets à fort impact territorial.


«Le gouvernement est déterminé à faire de notre diaspora un acteur majeur de la transformation structurelle de l’économie malienne.» a-t-il martelé le général de Division Abdoulaye Maïga, Premier ministre.


LE PACTE DE CONFIANCE, CLIMAT DES AFFAIRES ET RÉFORMES DE FACILITATION


Pour séduire ces investisseurs d’un nouveau genre, souvent échaudés par les lourdeurs administratives, l’exécutif malien sait qu’il doit donner des gages de fiabilité.


Dans son discours d’ouverture, le Premier ministre a pris des engagements fermes : poursuivre l’assainissement du climat des affaires et simplifier drastiquement les procédures administratives. Cette baisse des barrières à l’entrée est jugée indispensable par les analystes pour sécuriser les capitaux privés de la diaspora et réduire les risques perçus.


Une démarche largement saluée par le président du Conseil des Maliens établis à l’extérieur (HCME), qui a réitéré l’engagement des expatriés à co-construire l’avenir économique du pays, soutenus par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) qui apporte son expertise technique dans cette synergie.


LES PROCHAINES ÉTAPES D’UN MARATHON DE TROIS JOURS


Le Forum international de la diaspora se poursuit à Bamako jusqu’au 18 juillet. Au programme des prochaines sessions :
Des panels thématiques sur le financement participatif (crowdfunding) et les obligations de la diaspora (diaspora bonds).


Des rencontres d’affaires B2B pour connecter porteurs de projets locaux et investisseurs de l’extérieur.
Des ateliers de partage d’expériences réussies pour modéliser les meilleures pratiques d’investissement.


Si le Mali réussit son pari de transformer sa diaspora de « guichet d’urgence sociale » en « fonds de capital-investissement », le pays pourrait accélérer de manière inédite sa souveraineté économique.

Bakary Mamadou COULIBALY

EchosMedias

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