Comment reconnecter les citoyens maliens avec le vaste chantier de la refondation nationale ? C’est le défi au cœur de l’atelier de deux jours qui s’est ouvert ce jeudi 3 septembre 2026 à l’Hôtel Les Colibris de Bamako…

Organisée par la COCEM (Coalition pour l’observation citoyenne des élections au Mali) grâce à l’appui financier du Danemark via le programme FAMOC II, cette rencontre s’est tenue sous la présidence de M. Madou Traoré, conseiller économique et représentant du gouverneur du district de Bamako, en présence du représentant du maire de la commune et du vice-président de la COCEM, M. Bocoum.

Un rendez-vous clé pour faire des journalistes les traducteurs indispensables du changement.

Accueillant l’événement sur ses terres, le représentant du maire a ouvert les discussions en insistant sur la responsabilité locale. Pour la municipalité, rapprocher l’administration des administrés commence d’abord au niveau des communes.

«Les réformes ne doivent pas rester des concepts abstraits discutés à huis clos. Les collectivités locales ont besoin de citoyens informés et impliqués pour faire vivre la démocratie à la base», a-t-il martelé, saluant au passage le choix de sa circonscription pour abriter cette initiative.

Vulgariser pour inclure

Prenant la parole, M. Madou Traoré, conseiller économique auprès du gouverneur du district de Bamako, n’a pas caché son enthousiasme face à la constance de la COCEM.

Il a chaleureusement remercié les partenaires techniques et financiers qui continuent de soutenir la société civile dans son combat pour une participation citoyenne accrue.

Sur le terrain, le diagnostic partagé par les officiels reste lucide. Malgré les Assises nationales de la refondation (ANR) et le Dialogue inter-malien (DIM), les réformes peinent encore à infuser dans le quotidien des populations.

Participation en berne, dialogue difficile entre gouvernants et gouvernés, textes de loi méconnus… Pour M. Traoré, le salut passera par l’inclusion de ceux que l’on n’entend pas assez : les femmes, les jeunes, les personnes en situation de handicap et les déplacés internes (PDI) doivent enfin trouver leur place dans les espaces de décision.

Décoder le langage des institutions
C’est précisément là que le rôle des professionnels de l’information devient stratégique.

Le vice-président de la COCEM, M. Bocoum, a rappelé avec force l’objectif central de ces deux jours : doter les journalistes d’outils concrets pour simplifier le discours politique.
«Notre rôle n’est plus seulement de rapporter des textes de lois froids, mais de les décoder pour le grand public. L’information institutionnelle doit être accessible à tous, sans exception», a-t-il insisté.

Durant quarante-huit heures, les participants vont plancher sur de nouveaux formats médiatiques plus innovants, partager leurs réalités de terrain et chercher des passerelles pour rendre les textes législatifs digestes pour le citoyen lambda.

En donnant le coup d’envoi officiel des travaux, Madou Traoré a lancé un appel vibrant à la presse : devenir une véritable actrice du changement en stimulant des débats constructifs. Car c’est au cœur de ces discussions locales que naîtra une citoyenneté active, clé de voûte du Mali de demain.
Aissetou CISSÉ

EchosMedias

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