
Il existe des paroles qui dépassent le cadre d’un discours. Elles deviennent un appel à la responsabilité. Lorsque le Général Bassolma Bazié affirme que «le mal doit savoir que cela fait mal», il ne glorifie pas la violence ; il rappelle une vérité vieille comme le monde : une société qui renonce à se défendre finit par disparaître…
Depuis des décennies, le Sahel paie un tribut insupportable. Des milliers de morts, des villages rayés de la carte, des écoles fermées, des familles déplacées.
Pendant ce temps, certains continuent de croire que les incantations, les conférences et les déclarations suffiront à arrêter des groupes armés qui ont choisi la terreur comme mode d’existence. Soyons lucides. Aucun peuple ne sera développé par un autre à notre place.
L’histoire est formelle : toutes les grandes nations se sont relevées par leur travail, leur discipline, leur unité et leur capacité à défendre leur souveraineté. L’Afrique ne retrouvera son honneur que lorsqu’elle assumera pleinement son destin.
Bassolma Bazié a toujours eu le mérite d’informer, de former et d’inviter à la réflexion. Son engagement n’est pas celui de la flatterie, mais celui d’une Afrique debout, digne et responsable. C’est parfois en disant des vérités qui dérangent que l’on réveille les consciences.
Le véritable combat ne se limite pas au terrorisme. Il est aussi dirigé contre la corruption, la prédation, les réseaux de manipulation, les intérêts qui prospèrent sur les divisions africaines et tous ceux qui, de l’intérieur comme de l’extérieur, empêchent nos États d’avancer.
Une nation ne peut gagner une guerre extérieure si elle est rongée de l’intérieur. Quant aux groupes terroristes, ils ne cherchent ni le dialogue ni la coexistence pacifique: ils cherchent à imposer la peur. Face à eux, les États ont le devoir de protéger leurs populations, dans le respect du droit, en neutralisant ceux qui prennent les armes contre les civils et contre la République.
L’heure n’est plus aux lamentations. Elle est à la responsabilité.
Chaque citoyen, chaque intellectuel, chaque dirigeant doit choisir son camp : celui de la reconstruction ou celui de la résignation. Comme le dit un proverbe africain: «Tant que les termites sont dans les fondations, la maison ne connaîtra jamais le repos». L’Afrique ne se relèvera durablement que lorsqu’elle aura le courage d’assainir ses fondations et de défendre, sans faiblesse, sa souveraineté, sa dignité et son avenir.
Ousmane Mohamed Touré, directeur du journal Le Poing
