
À la clôture des Rencontres d’échanges du Gouvernement avec les forces vives de la Nation, le Premier ministre, Général de division Abdoulaye Maïga, a livré la synthèse du bilan quinquennal de la Transition. Entre reconquête sécuritaire, refondation économique et défis sociaux, l’exécutif fixe le cap vers la vision «Mali Kura»…
Le rideau est tombé sur la Cérémonie de clôture des Rencontres d’échanges du Gouvernement avec les populations sur le bilan des cinq ans de la Transition. Après le passage à la tribune des membres du gouvernement venus présenter les résultats de leurs départements respectifs, le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, s’est livré à l’exercice du «grand oral» devant les forces vives de la nation et la société civile.
Le message fort qui émerge de cette rencontre est clair : le Mali tourne la page de l’urgence pour entrer dans la phase de développement.
Après cinq années axées sur la restauration de l’État et la reconquête de la souveraineté territoriale, le pays bascule dans «le temps de l’accélération du développement économique et social», conformément aux orientations du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta.
Pour qualifier cette reddition des comptes, le Chef du Gouvernement a mis en avant trois principes fondamentaux : redevabilité, vérité et responsabilité.
DE L’ÉTAT EN SURSIS À LA SOUVERAINETÉ ASSUMÉE
Pour évaluer le chemin parcouru, le Premier ministre a rappelé la situation du pays au 7 juin 2021, lors de l’investiture du Président Assimi Goïta. Le diagnostic de l’époque décrivait une nation au bord de l’effondrement : plus de 70 % du territoire échappait au contrôle de l’État, l’insécurité gagnait le centre du pays, et les institutions étaient affaiblies. À cela s’étaient ajoutés, dès 2020, les impacts des embargos et des sanctions économiques imposés au pays.
Face à cette crise, les autorités de la Transition ont fait le choix de la souveraineté et de la refondation, articulé autour de deux Plans d’Actions du Gouvernement (PAG) : le premier (2021-2022) axé sur la stabilisation sécuritaire, et le second (2025-2026) consacré à la consolidation des acquis.
Sécurité et diplomatie : la montée en puissance des FAMa
Sur le plan sécuritaire, l’exécutif met en avant la montée en puissance des Forces Armées Maliennes (FAMa), soutenue par la modernisation des équipements, l’amélioration des formations et une autonomie stratégique accrue sur le terrain.
Cette dynamique s’inscrit désormais dans un cadre sous-régional avec la Confédération des États du Sahel (AES), alliance formée avec le Burkina Faso et le Niger pour mutualiser les renseignements et renforcer la coopération militaire et économique.
Sur le plan diplomatique, le Mali réaffirme une ligne guidée par l’Article 34 de la Constitution du 22 juillet 2023, reposant sur trois principes :
Le respect de la souveraineté nationale ;
Le libre choix des partenaires stratégiques ;
La défense des intérêts vitaux du peuple malien.
Cette refondation institutionnelle, marquée par l’avènement de la Quatrième République, s’accompagne d’initiatives contre la corruption et de la revalorisation du rôle des légitimités traditionnelles.
Économie et ressources : plus de 760 milliards FCFA recouvrés dans le secteur minier
Sur le volet économique, le Gouvernement met en avant les réformes engagées dans la gestion des ressources naturelles, notamment à travers la révision du Code minier en 2023 et l’adoption de la loi sur le contenu local.
Les résultats annoncés font état de :
Plus de 760 milliards de FCFA recouvrés auprès des entreprises minières au titre des régularisations fiscales et des redevances ajustées ;
18,4 milliards de FCFA versés aux communes rurales et urbaines via le Fonds minier de développement local pour financer des projets d’eau potable, de santé et d’éducation ;
109,14 milliards de FCFA mobilisés entre janvier 2025 et juin 2026 au sein du Fonds de financement des infrastructures stratégiques, avec un objectif de 500 milliards à terme.
Dans le secteur de l’énergie, face aux difficultés d’approvisionnement et aux délestages subis par la population, le Gouvernement indique accélérer les investissements dans les parcs solaires et les infrastructures de transport électrique pour renforcer l’indépendance énergétique.
Réalités sociales : des avancées et des urgences persistantes
Tout en saluant les progrès réalisés dans la sécurisation alimentaire, la digitalisation des services publics et l’extension des infrastructures de base, le Premier ministre a reconnu la lourdeur des attentes sociales exprimées par les populations lors des tournées régionales.
LES PRIORITÉS EXPRIMÉES PAR LES CITOYENS RESTENT CENTRÉES SUR :
Le renforcement de la sécurité dans les zones rurales ;
La maîtrise du coût de la vie et la défense du pouvoir d’achat ;
L’accès continu à l’eau potable et à l’électricité ;
L’emploi et l’insertion socioprofessionnelle des jeunes.
«Nous ne cherchons ni à embellir la réalité ni à minimiser les difficultés», a déclaré Abdoulaye Maïga, rappelant que la réponse aux besoins quotidiens demeure au cœur de l’action publique.
Horizon 2026-2033 : cap sur l’industrialisation et l’émergence
La nouvelle phase qui s’ouvre s’appuie sur deux cadres stratégiques : la «Vision Mali Kura 2063» et la «Stratégie Nationale pour l’Émergence et le Développement Durable (SNEDD 2024-2033)».
Les axes prioritaires pour les années à venir prévoient :
La transformation locale des matières premières pour créer de la valeur ajoutée ;
Le développement des énergies renouvelables ;
L’accroissement des investissements dans les transports et la formation professionnelle ;
Le soutien à l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes.
HOMMAGE AUX ARMÉES ET APPEL À L’UNITÉ
En conclusion de son intervention, le Premier ministre a rendu hommage aux Forces de Défense et de Sécurité ainsi qu’aux victimes civiles et militaires du terrorisme, en saluant la mémoire de feu le Général d’Armée Sadio Camara, ancien Ministre de la Défense.
Abdoulaye Maïga a achevé son discours en lançant un appel au rassemblement : «Les défis auxquels notre Nation est confrontée exigent de nous davantage d’unité, de discipline, de patriotisme et de confiance en notre destin commun.»
Il a invité les cadres de l’administration et la diaspora à maintenir leur engagement dans le processus de refondation nationale.
B.M COULIBALY
EchosMedias
