
Le gouvernement a mobilisé plus 164,4 milliards de FCFA pour la campagne agricole 2026, validés le 2 avril 2026 par la 16e session du Comité exécutif national de l’agriculture. Ce budget, en hausse de 2% par rapport à 2025, vise à booster la production de céréales à 11,9 millions de tonnes et de coton à 598 500 tonnes…

Le gouvernement a renforcé son soutien au secteur agricole. Le Comité exécutif national de l’agriculture (CENA), réuni ce 2 avril à Bamako, a validé une enveloppe prévisionnelle de 164,4 milliards de F CFA pour la campagne agricole 2026-27.
Cette enveloppe est en hausse de 2 % par rapport au budget dédié à la campagne précédente marquant la volonté des autorités de consolider la production agricole et d’assurer la sécurité alimentaire du pays.
Au Mali, le secteur agricole contribue à hauteur de 33 % au PIB. L’appui du gouvernement pour accompagner les agriculteurs durant chaque nouvelle campagne agricole est déterminant pour la réalisation des objectifs de production et la résilience du secteur face aux défis climatiques et agronomiques.
Selon les autorités, cet appui permettra de soutenir les efforts de production agricole des filières stratégiques pour la sécurité alimentaire et l’économie.
Relancer la filière coton
Deuxième produit d’exportation du Mali après l’or, le coton pèse lourd dans la balance commerciale malienne.
Pour le compte de la campagne de 2026/2027, notre pays espère porter sa production de coton graine à 598 500 tonnes.
Cette projection, si elle se réalise, signerait une croissance de près de 38 % par rapport à la campagne précédente (433 700 tonnes).
Si les détails concernant l’appui destiné à cette filière ne sont pas connus, on sait que la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles (CMDT) a annoncé en mars dernier son intention d’augmenter la superficie consacrée à la culture de la fibre de 50 % pour la porter à 630 000 hectares.
Cet objectif implique une augmentation des volumes d’intrants (engrais, pesticides et insecticides) généralement subventionnés par le gouvernement.
Selon les acteurs du secteur, les attaques d’insectes ravageurs constituent le principal défi qui inquiète les producteurs.
« L’aide dont nous avons le plus besoin actuellement est celle qui permettra de protéger nos cultures. Si les dégâts enregistrés les années précédentes se répètent, ce sera un coup dur pour la filière coton », indiqué Sékou Coulibaly, cotonculteur dans la commune de Ngoutjina.
Au Mali, comme dans la majorité des pays producteurs de coton d’Afrique de l’Ouest, le principal ravageur des champs de coton au cours des dernières années est le jasside (insecte parasite du coton).
Quoi qu’il en soit, la progression attendue de la production cotonnière au cours de la campagne 2026/2027 pourrait marquer un tournant pour la filière.
Dans le pays la production de coton graine a, en effet évolué en dents de scie sur les cinq dernières campagnes. Depuis le pic de production de 777 000 tonnes atteintes en 2021/2022, la filière n’est plus jamais parvenue à franchir la barre des 700 000 tonnes. Cette irrégularité lui a déjà coûté sa place de leader africain de l’offre au détriment du Bénin à plusieurs reprises, dont la dernière qui remonte à la campagne 2025/2026.
Par Abdoulaye OUATTARA
