
À l’initiative de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH-Mali), une session de sensibilisation s’est tenue à l’Université de Droit Public de Bamako. L’objectif était de rappeler que le respect de la dignité humaine n’est pas un concept occidental parachuté, mais un héritage profond de l’histoire malienne. Cette rencontre, tenue le mardi 24 mars 2026, a réuni des acteurs clés sous la présidence de Madame Bintou Founé Samaké, Commissaire, et en présence du Doyen de la FDPU, Dr Moussa Moïse Sangaré...

Le message est clair : pour mieux protéger les citoyens aujourd’hui, il faut regarder hier. Face aux étudiants et futurs juristes, la CNDH-Mali a plaidé pour une réappropriation des sources endogènes des droits de l’homme.
Un héritage historique méconnu

L’idée reçue selon laquelle les droits de l’homme seraient une « importation » étrangère est une barrière que la CNDH souhaite déconstruire. En s’appuyant sur la Charte du Mandé (datant de 1235) et les précieux manuscrits de Tombouctou, les intervenants ont démontré que les principes de liberté et de justice étaient codifiés au Mali bien avant les déclarations internationales modernes.
Ces textes ancestraux consacrent, depuis des siècles, l’inviolabilité de la vie humaine et la solidarité sociale. En puisant dans ce terreau culturel, le Mali dispose d’un levier puissant pour légitimer les normes juridiques actuelles auprès de la population.
Un enjeu crucial en période de crise

Cette sensibilisation dépasse le cadre académique. Dans un contexte sécuritaire et social marqué par des défis majeurs, réaffirmer que la protection des personnes vulnérables est ancrée dans les traditions locales est essentiel.
Pour la CNDH, faire le pont entre les valeurs coutumières et les textes contemporains est la clé pour renforcer l’adhésion de tous au respect de la personne humaine. En redonnant aux Maliens la propriété historique de leurs droits, l’institution espère bâtir une culture de la protection plus solide et authentique.
Aissetou Cissé
EchosMedias
