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Dans le classement mondial de la liberté de la presse 2022 établi par l’ONG Reporteur Sans Frontière (RSF), le Mali a perdu 12 places passant de la 99e à la 111e position.

Un net recul. Classé 111e sur 180 pays par l’ONG Reporter Sans Frontière, le Mali a perdu 12 places dans le classement mondial de la liberté de la presse publié le mardi 03 mai. Ce déclassement du Mali est symptomatique du recul de la liberté d’expression dans le pays où les journalistes préfèrent s’autocensurer par peur de se retrouver derrière les barreaux.

Ce classement, selon RSF, est la conséquence du recul de la liberté de la presse lié à l’insécurité et au durcissement de la « junte ». « Un journaliste, Olivier Dubois, y est otage, un autre a été expulsé, RFI et France 24 ont été suspendues arbitrairement », justifie RSF. Aussi, l’ONG note que le nouveau processus d’accréditation pour les journalistes étrangers est particulièrement intrusif et attentatoire au secret des sources.

L’imprudence des autorités

Le classement est toujours biaisé, souligne Bandiougou Danté président de la Maison de la Presse du Mali. « Il y’a un amalgame d’objectivité et de situation politique à prendre en compte dans le classement », a-t-il analysé. Tout en regrettant le déclassement du pays, le président Danté estime qu’il s’explique par l’imprudence des autorités.

Il en veut pour preuve la suspension de RFI et de France 24 par le gouvernement sans passer par la Haute autorité de la communication (HAC), l’instance de régulation au Mali. « L’Union Européenne a fermé les médias russes et la Russie a aussi fermé des médias français. Elles l’ont fait à travers leurs instances de régulation respectives. C’est pourquoi, personne n’a condamné », a expliqué le patron de la Maison de la presse.

C’est une menace qui plane sur la liberté d’expression, note pour sa part Modibo Fofana, président de l’association des professionnels de la presse en ligne (Appel –Mali], qui regrette le déclassement du Mali. Celui-ci fait toutefois remarquer que le Mali est très mal classé depuis la disparition de Birama Touré en janvier 2016. Il dit comprendre le déclassement par le fait que le Mali est dirigé par un régime d’exception. Car l’existence de la Constitution n’est qu’un cosmétique tendant à blanchir le régime.

Il faut rappeler que le trio de tête est occupé par la Norvège, le Danemark et la Suède. Le trio de tête africain est occupé par les Îles Seychelles (13e mondial), Namibie (18e mondial) et l’Afrique du Sud (35e mondial).

Abdrahamane SISSOKO

Source : Maliweb.net

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