
C’est dans un climat empreint de gravité mais teinté d’une ferme détermination que se sont achevés les travaux de la session ordinaire d’avril 2026 du Conseil national de Transition (CNT). Durant trois mois intenses, l’organe législatif de la Transition s’est imposé comme le cœur battant des réformes de refondation de l’État, tout en naviguant à travers un contexte sécuritaire particulièrement éprouvant…
Un front uni face au terrorisme : l’hommage à la Nation
Le discours de clôture n’a pas éludé la réalité du terrain. Le pays panse encore ses plaies après les attaques complexes et simultanées du 25 avril dernier, qui ont coûté la vie à de nombreux civils et militaires, dont une figure de proue de l’État : le Général d’armée Sadio Camara.
À cette tragédie s’est ajoutée la tentative de déstabilisation du samedi 4 juillet, vigoureusement repoussée par les Forces armées maliennes (FAMA). Face à ce que le CNT qualifie de « dictat des pays sponsors des terroristes », le message est resté sans équivoque : le Mali refuse la capitulation. Un hommage appuyé a été rendu à la vision stratégique du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, ainsi qu’au professionnalisme des forces de défense.
« Les Maliens restent debout, demeurent plus que jamais forts et font résolument face à leur développement, » a-t-il été martelé en séance.
L’Alliance des États du Sahel (AES) en pleine montée en puissance
Face à la menace transfrontalière, la réponse sera collective ou ne sera pas. La consolidation de la Confédération des États du Sahel (AES) a été célébrée comme un choix géopolitique hautement stratégique. Qu’il s’agisse de la mutualisation des forces militaires ou de l’intégration économique, l’alliance continue de se structurer.
La récente attaque ayant visé l’aéroport de Niamey au Niger a été fermement condamnée, qualifiée d’acte « désespéré » visant à fragiliser l’intégration sahélienne. Sur le plan institutionnel, l’opérationnalisation des Sessions Confédérales des parlements de l’AES est imminente, suite à une récente rencontre de haut niveau entre les présidents de parlements à Ouagadougou.
Un bilan législatif dense : cap sur la souveraineté économique et sociale
Sur le plan purement législatif, le CNT n’a pas chômé. Plusieurs textes majeurs visant à assainir la gouvernance, sécuriser les ressources et moderniser l’appareil d’État ont été adoptés.
Les textes clés votés lors de la session, Souveraineté économique : Ratification de la création de la Société de Patrimoine minier du Mali et de l’Office Malien de Substances précieuses.
Administration & Justice : Réforme du Statut général des fonctionnaires et réorganisation du Conseil supérieur de la Magistrature.
Droits & Sécurité : Lois cruciales portant sur la lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants.
Institutions : Loi organique encadrant le Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel.
Par ailleurs, fidèle à sa mission de contrôle de l’action gouvernementale, le CNT a multiplié les séances d’auditions ministérielles et les questions écrites. L’institution a également validé son propre budget pour l’exercice 2027, s’alignant sur les nouvelles réformes de transparence financière, tout en menant un débat d’orientation budgétaire crucial pour la période 2027-2029.
Anticiper l’hivernage et protéger les populations
Alors que les travaux législatifs se ferment, les regards se tournent désormais vers le quotidien des Maliens. À l’aube de la saison des pluies, le CNT a lancé un appel pressant au gouvernement afin de finaliser les chantiers de voiries urbaines et de déployer des plans d’urgence pour prévenir les inondations dévastatrices.
Saluant le bon déroulement des examens de fin d’année et la résilience du peuple, la session s’est close sur une note d’espoir pour l’avenir agricole et pastoral du pays, sous le signe de l’unité retrouvée.
Par la rédaction EchosMedias
