
À l’occasion de l’Assemblée Générale d’information, de ce jeudi 11 juin 2026 à la Maison de la Presse du Mali, le président, Bandiougou DANTÉ, a dressé le bilan historique du Forum Panafricain des Médias (FOPAME 2026). Entre la consécration de Bamako comme capitale africaine des médias et le cri du cœur face à l’inflexibilité de la justice malienne concernant les journalistes détenus, le message est clair : unité, souveraineté et résilience…
Bamako, carrefour incontournable du journalisme panafricain
Le succès du FOPAME 2026 résonne comme une victoire diplomatique et médiatique pour le Mali. Devant un parterre de professionnels, Bandiougou DANTÉ a tenu à exprimer sa profonde gratitude envers les autorités de la Transition. Il a salué l’appui constant du Chef de l’État, le Général d’Armée Assimi GOÏTA, ainsi que l’implication du gouvernement sous la direction du Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye MAÏGA.
Le président de la Maison de la Presse a mis en avant l’efficacité de la diplomatie malienne, explicitée lors des panels par le ministère des Affaires étrangères dans un contexte de crises, ainsi que les efforts de réconciliation nationale portés par les autorités.
Une mobilisation internationale sans précédent
Avec le Royaume du Maroc comme invité d’honneur, le FOPAME a réuni des délégations venues de tout le continent et d’ailleurs : Burkina Faso, Niger, Sénégal, Bénin, Côte d’Ivoire, RDC, Cameroun, Tchad, Togo, mais aussi de Palestine et d’Haïti.
«Cette diversité témoigne de la volonté commune de bâtir une presse africaine plus forte, solidaire, professionnelle et indépendante. Bamako s’est affirmée comme la capitale du dialogue médiatique africain», s’est félicité M. DANTÉ.
Deux avancées historiques : «L’Appel de Bamako» et la Panafricaine des Radios
Le forum ne s’est pas contenté de discussions théoriques ; il a débouché sur des actes concrets majeurs pour l’écosystème médiatique continental.
L’Appel de Bamako : Ce document de référence s’impose désormais comme la feuille de route des médias africains. Il plaide vigoureusement pour la défense de la liberté de la presse, la protection des journalistes, la lutte contre la désinformation et, surtout, le renforcement de la souveraineté informationnelle africaine.
La Panafricaine des Radios de Proximité : Une nouvelle organisation est née. Elle vise à structurer le paysage radiophonique africain, à mutualiser les contenus et à défendre ces médias qui restent, par excellence, les plus proches des populations africaines.
Journalistes incarcérés : «La justice est restée sourde à nos appels à la clémence»
Le ton s’est fait plus grave et empreint d’émotion lorsque le président a abordé la détention des journalistes maliens. Bandiougou DANTÉ a confié suivre «la mort dans l’âme» la situation de ses confrères Chahana TAKIOU, Abderhmane KEITA et Youssouf SISSOKO.
Malgré les nombreuses initiatives de rapprochement entreprises par la Maison de la Presse (notamment les journées Justice-Presse), le constat est amer.
Un appel à l’humilité et à la sagesse
M. DANTÉ a fustigé la rigidité du corps judiciaire face aux démarches de médiation sociale : «Si les rapports humains sont restés intacts, il faut avouer que nos partenaires de la justice n’ont pas été à la hauteur de nos attentes. « Les représentants de Dieu sur terre » sont restés sourds à nos multiples appels à la sagesse, à la clémence. Jamais dans l’histoire du Mali, la sagesse, la tolérance et le Pardon n’ont été denrées aussi rares.»
Rappelant que «tout ce qui est excessif est insignifiant», il a invité l’ensemble des Maliens à l’humilité et à se rappeler que la patience n’est pas une faiblesse.
Une stratégie de libération basée sur la responsabilité et l’unité
Pour obtenir la libération de ses confrères, la Maison de la Presse refuse le désordre et privilégie la méthode républicaine : le dialogue institutionnel et la concertation.
Les axes de la stratégie de la Maison de la Presse
1. Voie institutionnelle : Maintenir des canaux d’échange constructifs avec les autorités.
2. Coordination juridique : Centraliser la défense et inviter tous les avocats volontaires à se coordonner avec la Maison de la Presse.
3. Discipline interne : Éviter les initiatives dispersées ou non concertées des acteurs de médias.
En conclusion, Bandiougou DANTÉ, a lancé un appel vibrant à la cohésion : «Défendre les journalistes, c’est défendre le droit du public à une information libre et pluraliste. Ensemble, préservons l’unité, la crédibilité et l’avenir de la presse malienne.»
La famille de la presse malienne reste donc debout, unie dans l’épreuve, face aux défis de sa propre liberté et de la stabilité du pays.
Rédaction EchosMedias
