Un tournant majeur pour la capitale malienne ! Ce mercredi 1er juillet 2026, la Commune II de Bamako a inauguré son nouveau dépôt de transit moderne au Marché de Médine. Financée à hauteur de 356 millions de FCFA, cette infrastructure de pointe s’accompagne d’une flotte neuve de 9 engins de voirie d’une valeur de 508 millions de FCFA…

Un signal fort des autorités de la Transition pour un Bamako propre et résilient.


L’événement s’est déroulé au Marché de Médine, sous la présidence du Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, le Général de Brigade Issa Ousmane Coulibaly. Il était accompagné pour l’occasion de la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, de la ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable, Mme Doumbia Mariam Tangara, ainsi que du Gouverneur du District de Bamako, M. Abdoulaye Guindo.


Un tournant majeur porté par les autorités de la Transition


Sous l’impulsion du président de la Transition, le Général Assimi GOÏTA, Bamako modernise durablement sa gestion environnementale. Un double événement majeur vient de structurer cette ambition : l’ouverture officielle du nouveau dépôt de transit moderne du 2ème Arrondissement et la remise d’un important lot d’engins lourds à la Direction des Services Urbains de Voirie et d’Assainissement (DSUVA).

Ce déploiement massif de moyens apporte une réponse structurelle à la croissance démographique de la capitale.

Fin de la crise sanitaire en Commune II : une délocalisation stratégique

L’ouverture de ce site de 1,62 hectare met fin à une crise d’insalubrité prolongée en Commune II, née de la fermeture de l’ancien dépôt du CFP. Jugé nocif en raison de sa proximité immédiate avec une école, l’ancien site a fait l’objet d’un échange de parcelles publiques.

Le nouveau dépôt prend place sous le flanc de la colline, un emplacement nettement plus approprié.
«Cette délocalisation stratégique met un terme définitif aux dépôts sauvages d’ordures ménagères qui encombraient nos rues», s’est réjoui M. Marc DABOU, chargé des affaires courantes de la Commune II, en transmettant la gratitude des populations locales aux autorités.

Fini le stockage des déchets à ciel ouvert et à même le sol. Désormais, les détritus seront directement versés dans des caissons fermés. Pour garantir une gouvernance transparente, un comité de gestion inclusif regroupant l’ensemble des acteurs de la filière locale s’installe dès aujourd’hui à la mairie du district.


Une synergie interministérielle réussie
Financée à hauteur de 356 183 638 FCFA par le budget national via l’Agence Nationale d’Investissement des Collectivités Territoriales (ANICT), cette infrastructure est le fruit d’une collaboration étatique exemplaire.

La maîtrise d’œuvre a été assurée par la Cellule des Travaux Routiers d’Urgence (CETRU), sous la tutelle du Ministère des Transports et des Infrastructures.

Ce projet a mobilisé en parfaite synergie :
– Le Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation
– Le Ministère de l’Économie et des Finances
– Le Ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable

La ministre des Transports, Mme Dembélé Madina Sissoko, a également salué le civisme et l’engagement des transporteurs routiers et des commerçants du Marché de Médine.

Grâce à des concertations menées sous l’égide du ministère du Travail, ces acteurs ont adhéré au projet, permettant la livraison de l’ouvrage dans d’excellentes conditions.

L’objectif à terme est de dupliquer ce modèle technique pour équiper chaque commune du Mali d’un dépôt standardisé.

508 millions de FCFA injectés dans le savoir-faire local

Pour optimiser l’exploitation de ce nouveau réseau, la Mairie du District de Bamako a investi, sur fonds propres, 508 millions de francs CFA pour acquérir un parc de neuf engins de salubrité. Le Colonel Sékouba Traoré, Directeur de la DSUVA, a exprimé son soulagement face à cette dotation qui vient combler un déficit logistique critique.

Si le balayage des artères est assuré en continu par 400 manœuvres, l’étape de l’évacuation piétinait faute de camions.

La nouvelle flotte se compose de :
– 5 camions-bennes basculantes dédiés au balayage, au désensablement et à l’évacuation rapide des artères.
– 3 camions Ampli Roll exclusivement réservés à la rotation des caissons du nouveau dépôt de transit de la Commune II.
– 1 camion Ampli Roll pour renforcer les capacités d’intervention globales de la DSUVA.

Dans le cadre de la promotion du contenu local, la commande a été entièrement confiée à l’entreprise malienne TOGUNA Motors, prouvant la capacité des acteurs industriels nationaux à soutenir les grands chantiers de l’État.


Dar Salam : le modèle de performance à dupliquer


Les investissements publics prennent tout leur sens lorsqu’ils s’inscrivent dans la durée. À cet égard, le dépôt de transit de Dar Salam (dit « dépôt diesel ») sert de référence. Un an après sa mise en service, et malgré la hausse constante du volume de déchets à Bamako, ce site n’a connu ni saturation ni débordement.

Ce succès repose sur trois piliers que la DSUVA s’engage à répliquer en Commune II :


1- Une organisation rigoureuse des rotations quotidiennes.


2- Un suivi permanent et le professionnalisme des équipes de terrain.


3- L’engagement de la Mairie du District et de ses syndicats.


Vision 2026-2030 et appel pressant au civisme citoyen


Présente lors de l’inauguration aux côtés du Gouverneur Abdoulaye Guindo, la ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable, Mme Doumbia Mariam Tangara, a précisé que cet aménagement marque le lancement d’un vaste programme national visant à créer une vingtaine de dépôts de transit à travers le district de Bamako.

Cette initiative s’inscrit directement dans la mise en œuvre de la Nouvelle Politique Nationale d’Assainissement (2026-2030). La ministre a également annoncé des perspectives industrielles fortes, notamment l’installation future d’unités de transformation pour recycler et réduire durablement le volume des déchets solides.

Cependant, à l’approche de la saison des pluies et alors que la Mairie déploie un plan d’urgence pour le curage de 14 754 mètres de caniveaux afin de prévenir les inondations, les autorités rappellent qu’aucun investissement matériel ne sera pérenne sans un changement radical de comportement.


L’assainissement reste une responsabilité partagée. Les populations locales, premières bénéficiaires, ainsi que les Groupements d’Intérêt Économique (GIE) chargés de la pré-collecte, sont invités à s’approprier ces infrastructures et à stopper définitivement l’encombrement anarchique de l’espace public. Bamako trace sa route vers un avenir plus propre, plus attractif et plus sain pour l’ensemble de ses habitants.


Aissetou CISSÉ

EchosMedias

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