
L’Union des routiers du Sénégal a tiré la sonnette d’alarme face à la dégradation de la situation sécuritaire sur le corridor Dakar-Bamako. Ce tronçon est devenu ces derniers jours particulièrement dangereux pour les transporteurs. Selon le syndicat, au moins onze camions sénégalais transportant du fret à destination de Bamako ont été incendiés au Mali par des hommes armés…
Cette situation pousse les responsables syndicaux à appeler les chauffeurs sénégalais et maliens à la plus grande vigilance. Depuis plusieurs jours, la circulation des poids lourds entre Dakar et Bamako est fortement perturbée en raison des attaques coordonnées menées par le Front de libération de l’Azawad et les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Ce dernier a également annoncé vouloir imposer un blocus à la capitale malienne. Malgré ce climat d’insécurité, plus de 700 camions-citernes sont parvenus à Bamako la semaine dernière.
Face à la multiplication des attaques, plusieurs conducteurs sénégalais seraient actuellement bloqués sur le territoire malien. Pour le Sénégal comme pour le Mali, l’axe Dakar-Bamako demeure pourtant une route stratégique pour les échanges commerciaux. Le Mali figure parmi les principaux clients du port de Dakar, qui joue un rôle essentiel dans l’approvisionnement du pays en produits importés.
Le secrétaire général de l’Union des routiers du Sénégal, Gora Khouma, a demandé aux chauffeurs maliens et sénégalais déjà chargés de fret à destination de Bamako de suspendre leurs déplacements jusqu’à nouvel ordre.
« Nous leur demandons de rester sur place jusqu’à ce que la situation soit réglée », a déclaré le responsable syndical. Il a également lancé le même appel aux conducteurs ayant déjà franchi les frontières, les invitant à ne pas céder aux appels de certains influenceurs évoquant d’éventuelles escortes sécurisées.
« Que les chauffeurs ne répondent pas à ces gens-là. Qu’ils restent sur place puisque rien n’est sûr. L’instauration des couvre-feux n’arrange rien pour l’instant au Mali », a insisté Gora Khouma.
Le syndicaliste a enfin formulé des prières pour un retour rapide de la paix au Mali, soulignant l’interdépendance économique entre les deux pays. « Si le Mali ne vit pas en paix, le Sénégal ne peut pas vivre en paix, puisque nos activités dépendent fortement du transport du fret malien », a-t-il conclu.
Les actions des groupes armés terroristes sur les axes stratégiques menant à Bamako ont déjà de lourdes conséquences sur le quotidien des populations maliennes. Désormais, les répercussions économiques et logistiques commencent également à se faire ressentir au-delà des frontières du Mali, notamment au Sénégal, dont une partie importante des activités portuaires dépend du transit des marchandises destinées au marché malien.
Siaka DIAMOUTENE
Source : Maliweb.net
