
Les éliminations de la Côte d’Ivoire, de la RD Congo et du Sénégal ne doivent pas être lues comme de simples défaites. Elles posent une vraie question : pourquoi nos sélections, capables de rivaliser avec les meilleures nations, continuent-elles parfois de céder dans les moments décisifs ?…

La Côte d’Ivoire a été sortie par la Norvège.
La RD Congo a résisté à l’Angleterre avant de craquer.
Le Sénégal, lui, a vécu le scénario le plus cruel : mener 2-0 face à la Belgique avant de s’incliner 3-2 après prolongation.
Le premier enseignement est clair : le football africain n’est plus loin du très haut niveau. Mais il lui manque encore cette capacité à tuer les matchs, à gérer les temps faibles et à rester lucide quand la pression monte.
Le deuxième enseignement concerne la gestion des fins de match. À ce niveau, la fatigue n’est pas seulement physique. Elle est mentale, tactique et émotionnelle. Les grandes nations savent gérer les dix dernières minutes comme un match dans le match.
Le troisième enseignement, c’est la profondeur de banc. Dans les grandes compétitions, les titulaires commencent les matchs, mais les bancs les gagnent souvent. Une sélection ambitieuse doit avoir 16 ou 17 joueurs réellement prêts, pas seulement un onze fort.
Le cas du Sénégal est le plus symbolique. Cette équipe avait les moyens d’aller plus loin. Elle avait le match en main. Elle avait aussi le statut d’une grande nation africaine, considérée par beaucoup comme championne d’Afrique sur le terrain, même si le Maroc l’est officiellement.
Mais au-delà du terrain, l’environnement extra-sportif a aussi pesé : débats autour du cuisinier de l’équipe, situation contractuelle du sélectionneur, choix de certains joueurs, gestion des équilibres internes.
Une Coupe du monde ne se prépare pas seulement sur la pelouse. Elle se prépare dans l’organisation, la sérénité du groupe, la clarté des responsabilités et la capacité de la fédération à protéger son équipe.
Cela ne veut pas dire que le Sénégal a été éliminé uniquement à cause de ces problèmes. Mais dans le très haut niveau, chaque distraction compte.
Pour l’Afrique, le problème n’est plus le talent. Nos joueurs évoluent dans les meilleurs championnats. Le vrai défi est désormais ailleurs : préparation invisible, gestion des détails, qualité du banc, efficacité offensive, concentration défensive, stabilité institutionnelle et culture tactique des matchs à élimination directe.
C’est aussi une leçon pour le Mali.
Nous ne devons pas attendre d’être en Coupe du monde pour apprendre ces vérités. Il faut construire dès maintenant des sélections capables de gérer la pression, avec des plans de match alternatifs, des staffs spécialisés, une vraie préparation mentale et un environnement fédéral stable.
La Coupe du monde 2026 nous rappelle une vérité brutale : l’Afrique n’est plus invitée pour participer. Elle est assez forte pour rivaliser.
Mais pour gagner, il faudra passer d’une logique de talent à une logique de maîtrise totale.
Les matchs se jouent sur 90 minutes, parfois 120.
Mais les grandes performances se construisent bien avant : dans la préparation, les choix, la stabilité, la discipline et l’organisation.
