
Face aux files d’attente interminables qui paralysent les stations-service de Bamako, le gouvernement malien passe à l’offensive. À l’issue d’une réunion de crise ce jeudi 25 juin 2026, le ministre du Commerce a annoncé l’envoi immédiat d’une délégation en Côte d’Ivoire pour lever les goulots d’étranglement qui bloquent l’approvisionnement du pays.
L’heure est à la mobilisation générale pour désamorcer la crise du carburant…
Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a présidé ce jeudi la 26ᵉ réunion du Comité de suivi de l’approvisionnement du Mali en hydrocarbures. Une rencontre cruciale avec les opérateurs économiques qui a permis de faire un état des lieux sans concession des stocks nationaux et des flux logistiques.
Le nœud du problème : Le goulot d’étranglement ivoirien
Principale annonce de cette réunion de crise : l’envoi imminent d’une mission gouvernementale en Côte d’Ivoire. Actuellement, des centaines de camions-citernes maliens se retrouvent immobilisés chez le voisin ivoirien, confrontés à d’importantes difficultés opérationnelles auprès de la Société de gestion des stocks pétroliers de Côte d’Ivoire (GESTOCI).
«Une délégation sera envoyée en urgence à Abidjan», a martelé le ministre Moussa Alassane Diallo. «La majeure partie du carburant malien provient de la Côte d’Ivoire à travers la GESTOCI. S’il y a un problème à ce niveau, il faut rapidement trouver une solution.»
Les chiffres du ravitaillement : Un flux encore insuffisant
Pourtant, les convois n’ont pas totalement cessé. Entre le 15 et le 21 juin 2026, le Mali a réussi à réceptionner 655 citernes, représentant un volume global de 29,8 millions de litres de carburant.
Le dernier convoi majeur, entré sur le territoire le 19 juin, était composé de :
337 citernes de gasoil
264 citernes d’essence
47 citernes de fuel
6 citernes de gaz butane
Malgré ces volumes, le taux de ravitaillement global plafonne à 27 % des besoins réels, ce qui explique la tension persistante aux pompes de la capitale.
Traque au marché noir et spéculation
Face au Groupement Malien des Professionnels du Pétrole (GMPP) et au Groupement Professionnel du Pétrole (GPP), le ministre Diallo a tapé du poing sur la table.
Au-delà des problèmes logistiques extérieurs, le secteur est miné par des dérives internes.
Le chef du département a fermement appelé à intensifier la lutte contre la fraude, pointant du doigt le détournement flagrant de citernes vers les circuits clandestins et la vente illicite ou spéculative de carburant dans certaines stations-service.
Vers une diversification vitale des sources
Pour sortir de cette dépendance chronique et renforcer la résilience du Mali face aux chocs extérieurs, les acteurs du secteur et le gouvernement sont tombés d’accord sur une priorité absolue : la diversification rapide des sources d’approvisionnement. Pour le Mali, ne plus dépendre d’un seul corridor est désormais une question de sécurité nationale.
B.M.C
EchosMedias
