
L’ambassadeur de l’État de Palestine au Mali, Hassan Albalawi, estime que les condamnations internationales contre la politique israélienne ne suffisent plus. Il appelle les États et les organisations internationales à adopter des mesures concrètes pour faire respecter le droit international et favoriser l’avènement d’un État palestinien…
Les prises de position en faveur du peuple palestinien se multiplient à travers le monde, mais elles doivent désormais être accompagnées d’actes concrets. C’est le message porté par l’ambassadeur de l’État de Palestine au Mali, Hassan Albalawi.
Selon le diplomate, de plus en plus de voix s’élèvent au sein des communautés arabe, musulmane, africaine et européenne pour condamner la situation dans les territoires palestiniens. Tout en saluant cette mobilisation, il considère que les déclarations de principe ont montré leurs limites.
«C’est important, mais il faut aussi passer à une action concrète, notamment en prenant de véritables sanctions», a-t-il préconisé.
Hassan Albalawi dénonce ce qu’il considère comme une différence de traitement entre les crises internationales. Il cite notamment la réaction occidentale à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui a donné lieu à des sanctions économiques, diplomatiques et financières ainsi qu’à des mesures de boycott.
«Lorsque certains États ont envahi d’autres États, nous avons vu la réaction de la communauté internationale. Des mesures concrètes de boycott et des sanctions ont été prises», a-t-il rappelé.
Pour l’ambassadeur, une mobilisation comparable devrait intervenir dans le cas palestinien. Il plaide notamment pour des sanctions, des mesures de boycott et le gel de certaines relations avec Israël. La communauté internationale, soutient-il, ne devrait pas se limiter à exprimer son indignation sans agir sur les causes et les responsables de la crise.
Le diplomate palestinien rappelle que la question de la création de deux États remonte à la résolution 181 adoptée le 29 novembre 1947 par l’Assemblée générale des Nations unies. Ce texte recommandait le partage de la Palestine sous mandat britannique en deux États, l’un arabe et l’autre juif.
«La question palestinienne est née, au départ, d’une résolution des Nations unies du 29 novembre 1947. Il y a eu le partage de la Palestine entre deux États. Il existe donc aujourd’hui une responsabilité internationale pour permettre la naissance de l’État de Palestine», a déclaré Hassan Albalawi.
À ses yeux, la communauté internationale doit aller au-delà des condamnations et prendre des dispositions susceptibles de rendre effective la solution à deux États.
Hassan Albalawi accuse par ailleurs les autorités israéliennes de poursuivre une politique visant à étendre les colonies dans les territoires palestiniens occupés. Il rappelle que la colonisation est considérée comme contraire au droit international par les Nations unies et de nombreux États.
«La politique israélienne ne vise qu’à coloniser la Palestine. La colonisation est interdite par le droit international», a-t-il affirmé, dénonçant de nouveaux projets de construction et d’extension de colonies.
Par cette sortie, l’ambassadeur palestinien au Mali invite les États à traduire leurs prises de position en décisions politiques, diplomatiques et économiques.
Pour lui, seule une pression internationale effective pourrait contribuer à mettre fin à la colonisation, à protéger les populations civiles et à rendre possible la création d’un État palestinien viable.
K. CISSÉ
EchosMedias
