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Renouer le fil du dialogue entre tous les fils du pays, en vue de trouver une solution définitive avec la participation de tous. Tel semble être la démarche choisie par les autorités actuelles de la transition. 5 ans après la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger (APR), notre pays reste toujours englué dans une grave crise sécuritaire dont les conséquences, en termes de dégâts matériels et humains, continuent d’être une source de grande préoccupation pour nos populations. Après 5 ans d’une mise en œuvre de l’APR, avec des hauts et des bas, les Maliens sans remettre en cause cet accord obtenu avec les efforts de la communauté internationale, veulent aujourd’hui s’essayer à la recherche d’une solution par des moyens de règlement purement endogènes.

Visiblement favorables à cette approche, les autorités à la tête de l’Etat, -cela n’est plus qu’un secret de polichinelle-, soutiennent et appellent de tous leurs vœux un tel dialogue, pour discuter (sans tabou) de toutes les questions à la base de frictions plus ou moins graves dans notre pays. C’est dans le cadre de ce même dialogue entre maliens que, par exemple, sur le plan de la crise sécuritaire, l’idée d’une discussion avec les terroristes d’origine malienne, a été émise. Les autorités qui ne s’opposeraient pas à l’ouverture d’un tel cadre de discussions, précisément avec Iyad Ag Ghaly (GNIM) et Amadou Kouffa de la Katiba du Macina, sont aujourd’hui beaucoup encouragées par les Maliens, à aller dans cette dynamique si la fin de notre cauchemar devrait passer par là. Toute cette semaine, cette annonce de l’ouverture de négociations avec les « terroristes maliens » a suscité un vif intérêt de la part de nombreux compatriotes qui se sont relayés sur tous les canaux d’information (chaines de télé, journaux, radios, presse en ligne, réseaux sociaux) pour apporter leur approbation à l’idée de discussions directement avec les deux chefs terroristes pour un règlement définitif de l’insécurité au Mali. Ce qui n’est pas la position de la communauté internationale qui reste fermement opposée à toute idée d’engager des discussions avec des terroristes quel que soit leur origine.

Aujourd’hui, pour plus d’un malien, après autant d’années passées à expérimenter l’Accord de paix d’Alger, ce n’est pas une mauvaise chose que de chercher à interroger nos propres mécanismes de gestion des conflits. Les Assises Nationales de la Refondation, annoncées pour le mois de Décembre prochain et auxquelles les autorités tiennent comme s’il s’agit de la prunelle de leurs yeux, est une volonté politique qui tire sa quintessence de cette nécessite qui voudrait que les maliens se retrouvent pour discuter, sans barrières, de tous les sujets qui nous divisent aujourd’hui. Au nombre de ces sujets figure non seulement la durée de la transition, mais également la date des prochaines élections ; deux questions au sujet desquelles une partie de la classe politique est déjà prête à en découdre avec la transition. Aujourd’hui, sans une discussion franche et sincère entre maliens, si on ne prenait que ces deux brûlantes questions de date et de durée de la transition, elles ont tous les ingrédients pour nous conduire vers une autre crise politique. Ce qui est loin d’être souhaitable dans un pays qui se cherche, au contraire, une issue après tout ce qu’il a traversé comme crises politique, sociale, sécuritaire, sanitaire, institutionnelle etc.

Papa Sow

Source : maliweb.net

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