
La capitale togolaise étant devenue un carrefour diplomatique de parrainage pour les trois Etats de l’AES, la France y jette toutes ses forces dans la reconquête du terrain perdu en Afrique de l’Ouest…
La France a perdu la main dans le Sahel et ne semble pas s’avouer…vaincue. Surtout quand elle est impuissante à la révolution souverainiste de la Confédération AES.
En effet, le Mali, le Burkina Faso et le Niger persistent et signent leur rupture d’avec l’ex-colonisateur. En se donnant la main pour affronter l’adversité qui découle de cette rupture, les 3 Etats ont fini par esquiver l’influence néocoloniale française. Ce qui n’est pas du goûtt des dirigeants de l’ancienne métropole.
C’est en ce même moment que le Togo, longtemps réputé, un des pays soumis du pré-carré français, a opté pour une sorte d’affranchissement, vis-à-vis de la domination de Paris.
Or, il se fait que le Togo et les Etats de l’AES ont tous, opéré un « choix stratégique » de diplomatie et de coopération, basé sur le principe de « la diversification de ses partenaires ». C’est ainsi que l’AES et Lomé ont réaménagé leur mécanisme de coopération et de défense en se rapprochant de la Russie. Et, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la confiance entre la France et ces ex-colonies.
En outre, lorsque le dirigeant togolais a commencé à dresser le tapis rouge diplomatique aux chefs d’Etats du Mali, du Burkina Faso et du Niger, Paris a vite conclu qu’il y a péril en la demeure. C’est ce qui va pousser Emmanuel Macron de dépêcher son ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barreau, pour aller colmater les brèches à Lomé, les 23 et 24 avril derniers. Comment cela pourrait-il en être autrement, quand Emmanuel Macron assiste spectateur aux avancées socio-économiques des Etats de l’AES, tirant profit de la mise à disposition du Port autonome de Lomé. Sauf que le président Faure Essozimnaa Gnassingbé manœuvre habilement son influence dans le Sahel, tout en brandissant vers Paris son épouvantail des intérêts économiques, avec la place de choix pour le Groupe Bolloré…
Or, Lomé veut bien se délecter d’une « souveraineté » politico-institutionnelle, qui fait ravaler à la France ses « instructions en faveur de la démocratie » et en particulier vers l’alternance au pouvoir. Par cette préoccupation, le fils d’Eyadema établit une sorte d’équilibre de la terreur, tout en préservant jalousement ses nouveaux amis du Sahel. N’est-ce pas dans ce sens que son ministre des Affaires étrangères que le Togo veut construire des ponts, à la place des murs, entre lui et les Etats du Sahel. Un discours qui est un camouflet pour Paris, dont le chef de la diplomatie n’a plus eu droit aux honneurs habituels lors de son séjour loméen. Lomé a-t-il alors définitivement tourné dos à Paris au profit de Bamako, Ouagadougou et Niamey ? L’avenir nous le dira.
Boubou SIDIBE
Source maliweb.net
