
La Maison de la presse de Bamako a vibré ce samedi 23 mai 2026, au rythme du souvenir, de la réflexion géopolitique et du renforcement des liens historiques entre la République du Mali et la Fédération de Russie. À l’initiative de l’Association des Alumni de l’ex-URSS et de la Fédération de Russie au Mali (AEFR-MALI), une grande conférence-débat s’est tenue sous la présidence d’honneur de M. Yaya Gologo, ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les Institutions…

Placée sous le thème évocateur de «La République du Mali et la Fédération de Russie, 81 ans après la Grande Guerre Patriotique», cette rencontre a réuni un parterre de diplomates, d’universitaires, d’anciens étudiants et de figures de proue de la scène politique et culturelle malienne.
Un devoir de mémoire : La Grande Guerre Patriotique et le sacrifice africain


Le ton de la journée a été donné dès l’ouverture par le maître de cérémonie, M. Demba Soumaré, suivi d’une minute de silence poignante en mémoire des martyrs. Dans son allocution de bienvenue, le président de l’AEFR-MALI, M. Mamadou Ouattara, a rappelé la pertinence d’une telle commémoration (9 mai 1945 – 9 mai 2026).
Sous la modération brillante du Pr Aissetou Founé Samaké Migan, les conférenciers ont magistralement revisité l’histoire : Le Pr El Mouloud Yattara a retracé l’épopée de la Grande Guerre Patriotique, marquée par la résistance héroïque de l’Armée Rouge face à l’Opération Barbarossa – la plus grande invasion terrestre de l’histoire (4 millions de soldats nazis).

Ce sursaut national soviétique, payé au prix fort de plus de 20 millions de morts, a sauvé le monde du joug fasciste en plantant l’étendard de la victoire sur le Reichstag.
Quant à lui, mis en lumière la contribution multiforme, souvent méconnue mais cruciale, de l’Afrique à cette victoire. Des 170 000 Tirailleurs sénégalais aux matières premières stratégiques (comme l’uranium du Katanga ou le soutien logistique de la ville de Kayes au Mali, qui cacha l’or du Trésor français), le continent africain a été un acteur central de la libération mondiale.
Le saviez-vous ? Durant l’occupation nazie en France, la ville historique de Kayes (Mali, ex-Soudan français) a servi de base arrière hautement sécurisée pour dissimuler les réserves d’or du Trésor français.
De 1945 à l’AES : Une convergence de destins face à l’impérialisme
Au-delà de la rétrospective historique, les débats ont permis de jeter un pont lumineux vers l’actualité contemporaine. Les intervenants ont souligné la similitude flagrante entre le combat soviétique d’hier et la dynamique souverainiste actuelle au Sahel.
Depuis 2020, l’émergence d’une «seconde vague de décolonisation» a abouti à la création de l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Face au néocolonialisme, au terrorisme international et aux ingérences extérieures, l’AES trouve en la Fédération de Russie un partenaire stratégique d’une loyauté exemplaire.
Les participants ont unanimement salué l’appui multiforme de la Russie au Mali, notamment : La Défense et la Sécurité : Un partenariat robuste pour le retour de la paix.
La Diplomatie : L’usage répété du droit de veto de la Russie à l’ONU pour bloquer les tentatives de condamnation orchestrées contre le Mali.
Le Développement : La formation de cadres de haut niveau, l’industrialisation et la modernisation des infrastructures.
L’éminent intellectuel et diplomate, S.E. Gaoussou Drabo, a pris la parole pour adresser de chaleureux remerciements aux conférenciers, saluant la profondeur scientifique et la clarté des exposés qui enrichissent l’espace public malien.
Des perspectives académiques et politiques prometteuses


Les riches débats et la session de questions-réponses avec le public ont permis de dégager des recommandations claires. Les idées produites lors de cette conférence ont vocation à être capitalisées dans les structures de formation et de recherche nationales. L’AEFR-MALI entend ainsi relancer la coopération scientifique et mettre l’expertise pointue de ses milliers d’anciens diplômés de l’URSS et de la Russie au service direct de la Refondation du Mali.

En clôture de l’événement, le Parrain de la conférence, le Ministre Yaya Gologo, a exprimé la profonde gratitude des plus hautes autorités de la Transition. Il a exhorté la jeunesse malienne à s’inspirer de la résilience du peuple russe et du patriotisme des devanciers africains pour bâtir un Mali fort, digne et résolument souverain.

Bakary Mamadou COULIBALY
EchosMedias
